Le Club Bruges joue son destin européen, ce soir dans l'antre de Besiktas. Stimulés par leur belle victoire contre Zulte-Waregem, ses joueurs sont résolus à faire mentir une habitude qui tend doucement à s'ériger en tradition.

"Nous savions, au départ de la compétition, que nous devions remporter au moins un match pour être virtuellement assurés de vivre un début d'année 2007 sur la scène européenne, confie Gaëtan Englebert. Puisque nous ne sommes pas parvenus à nous imposer à domicile, nous devons aller gagner en déplacement. Si nous échouons une fois encore, nous aurons le sentiment qu'une fois de plus, nous serons passés tout près de quelque chose de beau. Ce manque lancinant nous poursuit depuis quelques années déjà. Le bilan qu'on peut dresser après nos dernières campagnes européennes est toujours le même : juste pas assez. Net niet comme on l'exprime si justement en néerlandais. Nous avons raté la marche de peu deux fois en Ligue des Champions lors de la dernière journée et une fois en UEFA, il y a deux ans : cela commence à bien faire. Il faut briser cette tradition."

Les Brugeois ne cessent de méditer les enseignements de leurs campagnes antérieures : "Nous laissons filer ces occasions de frapper un grand coup parce que nous n'exploitons pas suffisamment les occasions que nous nous ménageons. Parce que, sur le plan défensif, nous continuons de payer cash le moindre relâchement. Nous l'avons encore expérimenté à nos dépens à Tottenham, où nous avons encaissé le but égalisateur beaucoup trop vite."

Les Brugeois pourront-ils rester transcendés d'un bout à l'autre de la rencontre ? "C'est mon talon d'Achille, confirme le médian du Club. Nous avons aussi eu la malchance, cette saison, d'émarger à un groupe très costaud, pratiquement équivalent à une poule de C1. Il existe pourtant une différence entre les deux compétitions. Dans chaque poule de Ligue des Champions, deux équipes du vrai top émargent régulièrement très tôt. En Coupe de l'UEFA, les gros lots sont... moins imposants. N'y évoluent que des formations qui composent le subtop européen. Mais plusieurs de ces équipes jouissent du même avantage sur nous que les ténors européens. Tottenham n'est pas Chelsea mais il dispute chaque semaine des rencontres de haut niveau, contrairement à nous. Les joueurs de Tottenham sont donc roués à cette qualité de matches. Nous, même si nous disputons chaque saison une coupe d'Europe, nous devons livrer davantage que le maximum de nous-mêmes pour espérer forger un résultat. Je crains que nous ne comblions jamais ce retard."

Les Brugeois vont donc abattre leur va-tout, ce soir à Besiktas. "Nous serons encore plus spectaculaires, encore plus offensifs que nous l'avons été contre le Dinamo Bucarest !" a assuré Emilio Ferrera. Puisse-t-il jouer son va-tout avec discernement.

© La Libre Belgique 2006