Groupe A

FARO L'Espagne a vaincu ses vieux démons. En froid avec ses matches d'ouverture (une victoire en neuf participations à l' Euro), les Hispaniques ont sauvé l'honneur espagnol en venant à bout de la Russie.

Malgré un début de match endiablé, emballé par les joueurs d'Inaki Saez, les Espagnols ne parvenaient pas à trouver la faille. Raul et Morientes, très remuants et d'ordinaire si adroits devant le but, péchaient à la conclusion. Au fil des minutes, les Russes parvenaient alors à renverser la tendance pour conserver le 0-0 jusqu'à la pause.

Le sélectionneur basque trouvait alors la parade pour enfin faire vaciller l'organisation adverse en faisant monter Valeron. Un coup de génie puisque, à peine 36 secondes après son entrée au jeu, le médian espagnol ouvrait le score.

«Je suis très heureux, commentait le joueur du Deportivo La Corogne. J'ai douté avant de marquer parce que j'ai un peu tergiversé avec le ballon. Ce but nous offre une victoire importante dans un premier match qui est toujours délicat à négocier. J'ai marqué au moment où la fatigue commençait à se faire sentir dans notre équipe.»

Maintenu sur le banc plus souvent qu'à son tour, celui qui est parfois surnommé le Zidane espagnol n'a toutefois pas l'envie de mettre son coach en difficulté, malgré la campagne médiatique menée en Espagne pour qu'il soit titularisé.

«Que je joue ou non, ce n'est pas important, affirme le joueur qui aura 29 ans jeudi. L'important, c'est que l'équipe gagne. Ceux qui pensent qu'avec ce but je vais revendiquer quelque chose me connaissent mal. Le plus important, c'est l'équipe.»

Mais il ne faudra peut-être pas forcer la main au boss espagnol qui reconnaissait à l'issue du match que l'entrée de Valeron avait une nouvelle fois été positive. Avant d'ajouter: «Le premier match est toujours le plus difficile parce que nous savons que nous sommes bien préparés mais nous ne savons pas où l'adversaire en est. Le sauvetage de Casillas devant Alenichev (37e ) a été un tournant du match. De notre côté, nous nous sommes créé des occasions mais n'avons pas su les convertir. Je suis content du résultat parce que le match a été dur et qu'il donne confiance à l'équipe.»

Mostovoi: «On garde espoir»

Côté russe, la déception était bien présente même si la logique avait été respectée. Car, au vu du déroulement du match et compte tenu des difficultés rencontrées par l'Espagne pour concrétiser, les équipiers d'Alexander Mostovoi sont conscients qu'ils auraient pu créer la deuxième surprise de la soirée, après la défaite du Portugal face à la Grèce.

«Je suis très déçu mais je savais que l'Espagne avait une belle équipe, soupirait le médian russe. Ils nous ont mis la pression en première période. Nous avons beaucoup de jeunes joueurs. Sur la forme qu'elle a affichée aujourd'hui, l'Espagne peut aller loin à l' Euro, comme la France, l'Italie et les Pays-Bas.»

La situation est claire désormais pour la Russie qui, après Viktor Onopko et Sergei Ignashevich, perd un nouveau défenseur central avec la suspension de Sharapov, exclu contre l'Espagne. Ce sera pratiquement un quitte ou double contre le Portugal, mercredi soir, dans la capitale portugaise.

«La défaite du pays organisateur face à la Grèce m'a beaucoup surpris, poursuivait le meneur du jeu du Celta Vigo. Cela va être difficile pour nous de gagner les deux prochains matches. Le Portugal va tout donner contre nous. Mais je garde tout de même l'espoir de passer le premier tour.»

© Les Sports 2004