Le sélectionneur des Diables Rouges, Roberto Martinez, a donné une large interview téléphonique au Times de Londres dans laquelle il a évoqué les vedettes belges qui brillent ou ont brillé sur les terrains de football en Angleterre. 

Il a d'abord reconnu le rôle particulier de Kevin De Bruyne. "Kevin est un meneur de jeu moderne. Tous les meneurs de jeu que nous connaissions dans le passé avaient besoin de ralentir le jeu avant de pouvoir le lancer. Ce qui rend Kevin unique, c'est qu'il exécute encore plus vite, en voyant la passe, ou l'action en cours. Il vous donne un tempo que nous n'avons pas l'habitude de voir. Il peut jouer en position N.10, faux 9, aile droite, aile gauche, peut même jouer en N.6. Il excelle dans tous ces rôles parce qu'il ne vit pas dans un système. Kevin a commencé très jeune, comme joueur prometteur à Genk, et à partir de là, il a connu une période très difficile (à Chelsea). Il est devenu un joueur exceptionnel après avoir affronté l'adversité. Il contrôle l'espace comme personne. Il peut exécuter une passe avec une précision et une vitesse d'action que peu de joueurs peuvent atteindre et il a maintenant la maturité et l'intelligence émotionnelle."

Evoquant son capitaine chez les Diables, Eden Hazard, Martinez a pris sa défense face aux critiques du manque de "grinta" du Brainois. "Eden a montré (ses capacités) lors de la Coupe du monde. Eden est devenu un véritable leader, montrant sa force de caractère de plusieurs façons. Etre toujours présent, toujours prendre des risques sur un terrain de football, a montré qu'Eden est prêt à relever les défis les plus difficiles que l'on puisse avoir dans le football. Aller au Real Madrid était ce genre de défi, tout à fait unique en termes d'exigences imposées au joueur. Eden arrive au Real Madrid comme la principale menace offensive de ce nouveau projet et j'ai le sentiment que si vous n'êtes pas au niveau, vous ne pouvez pas survivre. Maintenant, après la blessure qu'il a subie, je suis sûr que nous allons voir le meilleur Eden Hazard au Real Madrid".

L'Espagnol a encore défendu davantage son buteur Romelu Lukaku qui était régulièrement critiqué en Angleterre quand il ne marquait pas.

"Il a connu deux saisons phénoménales à Everton, mais dès qu'il a quitté Everton (pour Manchester United), on a eu l'impression que tout le monde allait souligner le fait que quand Rom n'avait pas marqué sa performance était mauvaise. Cela a été surprenant pour moi parce que Rom a des qualités exceptionnelles. C'est un buteur, il ne peut pas être mesuré par rapport aux autres choses qu'il ne fait pas, comme Diego Maradona qui "ne pouvait pas tacler", "ne pouvait pas être bon dans le jeu défensif" ou "ne pouvait pas utiliser son pied droit". Personne ne peut dire combien de fois Maradona a utilisé son pied droit. Rom est un buteur. C'est son travail et c'est ce qu'il fait le mieux".

Martinez, qui a longtemps travaillé comme entraîneur en Angleterre, a aussi évoqué sa vie en Belgique comme patron des Diables Rouges.

"Travailler en Belgique, c'est fascinant de voir une culture aussi complexe : trois langues officielles, beaucoup de décideurs politiques, et l'une des choses qui rassemble tout le monde, ce sont les Diables Rouges, l'équipe nationale. C'est très puissant d'utiliser le football de cette manière, d'unifier tout le monde, et les gens peuvent sentir qu'ils peuvent tout réaliser avec cette génération de joueurs".