ÉCLAIRAGE

Si la fameuse piste «lybienne» n'est pas (encore?) confirmée (lire ci-dessus), elle donne néanmoins l'occasion de lever un coin du voile sur ce Saadi Khadafi dont on parle tant sans très bien savoir qui il est vraiment.

D'allure svelte et portant la barbe, mais à l'européenne, ce jeune homme de 29 ans, l'un des fils du dictateur lybien, semble avoir les moyens de ses ambitions sans en avoir nécessairement le talent.

Il rêvait de devenir footballeur pro mais il a eu beau s'acheter des leçons particulières avec Maradona et Bilardo, des matches contre le Barça au Nou Camp ou virer l'entraîneur de l'équipe nationale s'il n'était pas sélectionné, ce n'est pas cela qui allait lui donner le niveau. Il a donc décidé d'investir dans le football européen pour obtenir la reconnaissance à laquelle il aspire. Il a commencé par la Juventus de Turin (7,5pc des parts actuellement) tout en prenant 35 autres pour cent dans le club de Trieste, en D 2 italienne avec l'idée d'en faire un satellite de la Vieille Dame turinoise.

Refoulé par Liverpool, mis en attente par la Lazio de Rome, son nom fait manifestement peur à plus d'un administrateur. Pour autant qu'on ait le luxe de pouvoir s'en passer, l'argent n'ayant pas d'odeur, spécialement dans le milieu du foot.

Il ne déteste pas la politique mais quand il représente son pays à l'Onu, c'est pour lui donner une meilleure image.

Il sait aussi jouer au stratège influent au sein de la Fifa où on lui prête l'énorme envie de devenir sous peu président la Confédération africaine.

Son rêve chéri? Organiser la Coupe du monde 2010 en Lybie. Rien de moins. Tout reste pourtant à faire.

A moins qu'il ne se préoccupe de Charleroi. Mais dans quel intérêt?

© Les Sports 2003