Le capitaine des Diables rouges évoque l'avenir de l'équipe de Marc Wilmots au cours d'un entretien avec le magazine FourFourTwo .

Trente-six ans après la folle épopée de 1980, les Diables rouges pourront rêver de revivre une grande aventure européenne. Revenus des enfers grâce à l'appui de leur "génération dorée", les Belges font partie des sérieux outsiders pour la victoire finale à Paris. Et tant pis si Wilmots et son groupe semblent un cran en-dessous des champions du monde allemands, voire même des Français, qui auront l'avantage de jouer à domicile. Pour Vincent Kompany, capitaine de l'équipe nationale belge, il faut viser haut. Dans une interview accordée au magazine britannique FourFourTwo , il s'exprime sur les attentes énormes placées dans un noyau qui doit cependant encore grandir.

"Certains nous voient déjà en demi-finale ? Ecoutez, pour moi, est qu'une demi-finale est à moitié-réaliste. Donc, je vais me montrer irréaliste et dire que je veux le gagner" , explique-t-il à nos confrères. "Et je tenterai de rester dans cet état d'esprit. Avant la Coupe du monde, je voulais la gagner. Maintenant, avec l'Euro en tête, je veux aussi le remporter. Je ne dis que pas que nous DEVONS le gagner, mais que nous le souhaitons" . Une ambition portée par la confiance qu'à le Prince de l'Etihad en ses propres forces et en celles de son équipe. "Si les autres équipes prouvent qu'elles sont plus fortes que nous, j'y survivrai. Mais je ne compte pas dire aujourd’hui que nous avons des limites, car je sens que nous avons le temps de grandir et de nous améliorer. Je ne pense pas que nous soyons la meilleure équipe d'Europe, mais nous avons le temps d'atteindre de statut."

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"Je me réjouis de voir jusqu'où les gars peuvent aller"

Le top absolu, les Diables n'y sont clairement pas encore. Lors du quart de finale de la Coupe du monde face à l'Argentine, la Belgique a manqué d'expérience internationale, de créativité offensive et d'audace tactique. Une déception pour un noyau ambitieux, compétitif... mais surtout très jeune. Un argument qui joue en faveur des Diables, à deux ans du coup d'envoi de cet Euro 2016 plein de promesses. 

Lorsqu'on lui demande s'il ne manque pas un véritable killer au poste de numéro neuf, Kompany se défend . "Romelu Lukaku était l'un des plus jeunes joueurs à atteindre les buts en Premier League (NdlR: le joueur d'Everton occupe la septième place de ce classement, dominé par Michael Owen) " , explique-t-il. "Cest une question de temps. A vingt-huit ans, je ne suis plus le même joueur que quand j'en avais vingt. C'est complètement irréaliste d'attendre d'eux d'être des joueurs du top. Robin Van Persie et Arjen Robben ont tout deux la trentaine: on ne peut pas les comparer. Si nos gars bossent comme des fous durant dix ans et essaient d'atteindre ce niveau, je me réjouis de voir jusqu'où ils vont aller. La jeunesse est quelque chose qu'il faut savoir gérer."

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"Cette génération peut tenir dix ans"

D'ici deux ans, le groupe de Willy aura mûri. La dernière équipe sélectionnée par le coach fédéral était d'une moyenne d'âge de vingt-cinq ans, soit à peine moins que les vingt-trois joueurs repris pour l'aventure brésilienne de cet été. Leurs futurs adversaires eux aussi auront pris de l'âge, ce qui laisse penser que le jeune squad noir-jaune-rouge a tout à gagner à être patient. Surtout quand on constate que les Pays-Bas devront d'ici là évoluer avec des cadres loin d'être des jeunes premiers comme Arjen Robben (trente ans), Robin Van Persie  (trente-et-un ans) ou encore Nigel De Jong (vingt-neuf ans). Si la nouvelle génération oranje a séduit, à l'image de Daley Blind, rien ne dit qu'elle sera en mesure d'arriver directement à la hauteur des tauliers actuels. 

Malgré tout, Kompany se méfie. Pas question pour lui de remiser au placard ce type d'équipes considérées parfois à tort comme "vieillissantes". "Regardez l'Italie. Ils ont gagné la Coupe du monde en 2006 avec des joueurs qui étaient en fin de carrière" , déclare un joueur qui a enfin goûté aux joies d'on Mondial après dix ans d'attente. En 2006, Fabio Cannavaro soulevait en effet la Coupe du monde aux côtés de trentenaires comme Mauro Camoranesi, Alessandro Del Piero, Francesco Totti ou encore Alessandro Nesta. "L'expérience est une arme formidable en football, on ne doit pas sous-estimer cela. Pour moi, l'âge pourra être un inconvénient quand j'aurai trente-six ans. Mais pour la Belgique, jusqu'à la Coupe du monde 2018 en Russie, nous n'aurons pas de souci avec l'âge. Après cela, certains pourront quitter le groupe. Mais cette génération a tellement de profondeur que les suivants seront capables d'assumer. Je pense que cette génération, exceptés cinq ou six joueurs peut facilement tenir dix ans" .  Vivement le Qatar...