Sa voix est posée mais son sourire reste celui d'un enfant. Il allume dans les yeux de ce grand adolescent sage une lueur, fugace, de malice. «Aujourd'hui, Vincent est tout à vous, vient d'annoncer Aimé Anthuenis. Je vous demanderai en revanche de le laisser tranquille le reste de la semaine...» Vincent Kompany a pris le temps de se préparer à l'assaut médiatique. Il est sorti le dernier d'un vestiaire qui, dès les présentations, l'a accueilli, adopté, intégré, assimilé à l'un des siens. Comme il l'avait fait avec Walasiak, le plus introverti des Diables. «Vincent recèle une grande faculté d'adaptation, a observé le coach fédéral. Comme, sur le plan humain, ce groupe est super, Vincent va vivre une belle semaine...» L'Anderlechtois en est persuadé, lui aussi. Il a redécouvert De Vlieger et contemplé avec des yeux ronds Emile Mpenza, deux des idoles de sa prime jeunesse. Il aurait dû partager la chambre de Doll. Il ne pouvait rêver compagnon de nuit plus charmant et attentionné que Deflandre. Vincent Kompany explicite son mutisme des dernières semaines: «Je n'ai pas refusé catégoriquement de répondre à la presse, précise-t-il. Comme je pressentais que j'allais vivre des temps chargés, j'ai demandé au coach comment doser les sollicitations. Hugo Broos a pris la bonne décision en les postposant toutes. Je le remercie de m'avoir ainsi protégé.» Le Bayern, l'appel en équipe nationale, le match contre Bruges: cet enchaînement de sommets en une exaltante semaine pourrait donner le tournis à Vincent Kompany. L'Anderlechtois a su canaliser ses émotions. «Tout est allé tellement vite que je n'ai pas eu le temps de m'arrêter sur cette succession de bonheurs. Je crois que je ne réaliserai vraiment ce que cela signifie... la semaine prochaine.»

Futé, Vincent Kompany glisse: «La semaine aurait été parfaite si les deux grands matches nous avaient rapporté deux points de plus.» Pas un instant, l'Anderlechtois ne s'est senti dépaysé en poussant la porte du vestiaire de l'équipe nationale: «Comme au Sporting, on s'exprime en deux langues. Forcément, le vestiaire des Diables est moins multiculturel que celui du Sporting. C'est l'unique différence.»

En confiance

Vincent Kompany dompte toujours ses sensations:

«Je me sens en confiance. Je crois être assez réaliste pour ne pas m'enflammer. J'écoute ce qu'on dit de moi mais je ne m'appesantis pas sur les compliments éventuels. Je ne m'attache qu'à mes points faibles. Je cherche à éradiquer les lacunes dans mon jeu.» L'Anderlechtois demeure, aussi, un étudiant de cinquième année, section langues-économiques. Il n'oublie pas ses cours: «Je n'abandonne pas l'école. Je tiens même à manquer le moins de cours possible. Mes condisciples les suivent avec plus d'assiduité que moi mais je ne me considère pas comme étant en vacances. Des professeurs et des copains collationnent les cours et les notes pour moi.» Vincent Kompany s'exprime comme un sage...

© Les Sports 2003