L'AC Milan, moribond depuis le début de la saison, s'est offert mercredi face au Real Madrid une victoire aussi délicieuse qu'encourageante (3-2) lors de la 3e journée de la Ligue des champions. Les Milanais, qui n'avaient jamais gagné au stade Santiago-Bernabeu (quatre défaites, un match nul), effacent ainsi leur gros faux pas à domicile face à Zurich (0-1) et reviennent à égalité de points avec le Real Madrid en tête du groupe C.

Le Real Madrid a manqué de son côté l'occasion de s'affirmer dans le jeu face à un grand d'Europe. Le chantier continue pour l'entraîneur chilien Manuel Pellegrini. D'un match opposant les deux clubs les plus titrés de la C1 (neuf coupes pour le Real, sept pour Milan), les spectateurs étaient en droit d'attendre un bien meilleur spectacle lors du premier acte. Sans doute gênés par une pluie fine et un vent glacial, les joueurs des deux équipes, presque tous des internationaux de renom (Kaka, Benzema, Casillas d'un côté; Inzaghi, Pirlo, Dida de l'autre) ont multiplié les mauvais contrôles, les passes trop courtes, trop longues... La seconde période a été bien meilleure. Surtout pour l'AC Milan, mené à la pause après une incroyable bourde de Dida, offrant à Raul son 68e but européen (19e).

Le Real, sans bien jouer, menait toutefois logiquement face à un Milan qui confirmait son début de saison plus que poussif, notamment en championnat où il occupe la 8e place. Mais une superbe frappe de Pirlo des trente mètres en seconde période (62e, 1-1) allait réveiller l'intérêt du match et l'équipe italienne. Casillas se "trouait" ensuite à son tour sur une sortie hasardeuse (66e) pour offrir à Pato le deuxième but milanais. Drenthe, sorti du banc avec beaucoup d'envie, redonnait espoir au Real d'une belle frappe (76e, 2-2).

Mais Pato, décidément cauchemar du gardien espagnol, offrait (88e, 3-2) les trois points à l'AC Milan et à son entraîneur Leonardo, dont le nom était scandé par les "tifosi". Le Real Madrid néo-galactique a une nouvelle fois montré ses limites dès qu'il est privé de son meilleur buteur Cristiano Ronaldo, blessé, et affronte un adversaire de calibre. Son meneur brésilien Kaka a peu pesé sur le jeu collectif brouillon des Madrilènes tandis que Benzema, en vue pendant la première période s'est éteint peu à peu, semblant chercher sa place à côté de l'inusable Raul.