Le cas du transfert avorté de Matías Suárez rappelle la nécessité pour les sportifs professionnels de souscrire une "bonne" assurance du travail. Dans l’intérêt du joueur tout d’abord et dans celui du club ensuite, il convient que toutes les parties préservent leurs intérêts financiers. L’attaquant argentin du Sporting Anderlecht a-t-il une chance de jouer au CSKA Moscou l’an prochain ? Sa carrière est-elle ruinée ? Le Sporting perdra-t-il les recettes d’un potentiel gros transfert ? Tout dépend de la "défaillance" physique du joueur. L’un et l’autre pouvaient éviter ce genre de soucis en souscrivant une assurance complémentaire.

Dans cette jungle impitoyable, chaque parcelle de terrain reste la chasse gardée d’un "assureur-sponsor" ou autre. Il est donc difficile de coloniser de nouvelles terres. La Belgique ne figure pas parmi les bons élèves en matière d’assurance des sportifs de haut niveau.

Les pros peuvent brasser de grosses sommes d’argent avant même leur majorité pour certains. Cette gloire plus ou moins éphémère à l’échelle d’une vie peut prendre fin du jour au lendemain. Si la loi impose aux clubs de souscrire une police d’assurance du travail, elle ne suffit pas. "Le plafond est limité à 18 000 €", souligne d’emblée René Pirlot, consultant en matière d’assurance sportive et fondateur il y a 25 ans de sa société Tolrip. "Dans les grands clubs, les salaires sont assurés à 100 % jusqu’à la fin du contrat, souvent d’une durée de quelques années. En d’autres termes, un joueur blessé perçoit son traitement. Je ne connais pas le dossier de Matias Suarez, mais je déplore la manière dont ces stars sont traitées. Adulées un jour, elles se transforment en bétail le lendemain."

Mais le problème intervient au lendemain de la date de validité de son contrat. Un athlète blessé reste sur le carreau. Et que dire pour une indisponibilité à vie ? Une assurance privée peut éviter des drames. Parmi ses clients, René Pirlot gère les intérêts de Diables Rouges de la trempe de Courtois, Mignolet ou du golfeur Nicolas Colsaerts ou encore du pilote Neuville. L’assurance proposée par ce courtier élargit la couverture. "Nous voulons garantir au client une carrière sans encombre en dehors des terrains. Nous élargissons le champ d’application de son assurance. Nous le garantissons dans le monde entier 24 h sur 24. Nous le couvrons totalement à l’exception de situations extrêmes comme le saut à l’élastique, l’usage d’un avion privé ou le saut en parachute."

Les plus grands joueurs belges se couvriront de toutes mauvaises surprises en s’acquittant de plus ou moins 5 000 €.

Neuville : 25 000 euros pour son succès

La question de l’assurance se pose à deux niveaux : celui du club et celui des joueurs. Certaines grosses machines de notre championnat pourraient économiser de manière significative en se préservant de certains risques. Par exemple, Anderlecht avait fait signer, il y a quelques années, un jeune joueur venu de l’étranger. Malheureusement, il est décédé d’une leucémie quelques années plus tard. Au-delà du drame humain, se cache une perte sèche pour le club qui a perdu son investissement. La grave blessure de Wasilewski reste un cas d’école pour les assureurs. Le suicide du gardien allemand Henke aussi.

Au niveau des joueurs, une carrière peut être brisée net à n’importe quel âge. Une catastrophe sportive et personnelle pour le sportif ne doit pas être doublée d’un gouffre financier.

René Pirlot essaye de donner un autre visage à ce qui se résume comme une obligation légale pour la plupart d’entre nous. Il a fait signer un contrat au jeune talent belge Thierry Neuville. L’an passé, il lui offrait 25 000€ en cas de succès dans une manche de l’IRC. Le rallyman a atteint son but. Cette année, Tolrip a remis le couvert avec la WRC.