Le sélectionneur de l’Argentine, Diego Maradona, se retrouvait jeudi sur le banc des accusés au lendemain du revers de sa sélection au Paraguay (1-0), troisième défaite consécutive dans les éliminatoires pour le Mondial 2010, la quatrième sous sa houlette en six matches.

"Au bord du gouffre", résumait "Clarin", le journal le plus vendu, rappelant que le sélectionneur n’aura plus droit à l’erreur face au Pérou, déjà éliminé, puis contre l’Uruguay, que les Argentins ne devancent que d’un point.

Pour le journal sportif "Olé", le capitaine de l’équipe championne du monde en 1986 "a commis toutes les erreurs que peut accumuler un sélectionneur, se trompant de stratégie et démotivant les joueurs".

Maradona a quant à lui assuré qu’il ne craignait pas toutes ces critiques, après cette quatrième défaite en six matches de qualification disputés depuis qu’il a pris en main la sélection en novembre dernier. "Depuis que j’ai 15 ans, je n’ai peur de personne. J’en ai 48 et je vais continuer à me battre contre eux", a-t-il ajouté, en référence aux journalistes.

Dès sa nomination, beaucoup avaient insisté sur le manque d’expérience de cet entraîneur payé 100000 dollars par mois, selon la presse argentine, soit le double de ses prédécesseurs Daniel Passarella, Marcelo Bielsa, José Pekerman et Alfio Basile.

Durant sa deuxième suspension pour dopage, il avait dirigé le Mandiyu de Corrientes (octobre-décembre 1994) puis le Racing Club de Avellaneda (mai-septembre 1995). Et, sur un total de 23 matches du championnat argentin, ses équipes avaient concédé douze nuls et huit défaites, pour seulement trois victoires.

L’Argentine est désormais cinquième du groupe sud-américain, soit la place de barragiste (contre un pays de la zone Concacaf), alors qu’elle était troisième lorsque Alfio Basile avait démissionné le 17 octobre 2008...

L’équipe joue sans idée directrice, sa défense est catastrophique : 14 buts encaissés en six matches. Le milieu est régulièrement dominé par son adversaire, les joueurs perdent trop de duels. Devant, les Agüero, Tevez et surtout Messi sont l’ombre des stars qu’ils sont en Europe.

La presse reproche aussi à Maradona son incapacité à définir une équipe-type. Symbole de ses atermoiements : il a déjà utilisé trois gardiens en neuf matches et convoqué plus de 60 joueurs. Dur pour une équipe dont la dernière absence à une Coupe du monde remonte à 1970. (D’après Belga)