Particulier, le contexte a complètement changé par rapport à l’an dernier où le "clásico" avait offert le titre au Standard dans une liesse liégeoise sans pareille. Alors que les Rouches régnaient en maîtres sur l’élite et que les Mauves montaient en puissance depuis janvier, aujourd’hui, les uns comme les autres affichent un visage moins conquérant. Dès lors la tournure de ce match au sommet pourrait tracer les grandes lignes de cette fin de saison.

Le championnat se joue-t-il dimanche soir ? Le vaincu affirmera à coup sûr que non, et à raison. Les onze rendez-vous qui suivront laissent, en effet, une large place aux baisses de régimes de part et d’autre. Néanmoins, on sent bien que le moindre grain de sable suffit pour que l’une des deux machines s’enraye.

Les champions en titre, s’ils restent sur une impressionnante série de sept victoires d’affilée sur notre territoire, ne survolent plus les rencontres de la même manière que douze mois auparavant. Dominateurs, certes, les hommes de Laszlo Bölöni piétinent pendant de très longues minutes avant d’émerger de justesse. Leur manque d’efficacité, sans conséquence jusqu’ici, pourrait se transformer en panne sèche si le mental venait à leur jouer des tours.

Côté bruxellois, la situation se révèle plus délicate encore. De l’aveu de son président, Anderlecht développe un jeu indigne de son rang. Pour l’instant cependant, la maison mauve tient bon, mais les fondations apparaissent très fragiles. De brique, de bois ou de paille, l’édifice érigé par Ariël Jacobs révélera sa vraie structure après le passage des jeunes loups du Standard au Parc Astrid.

Par deux fois déjà, les Liégeois ont pris la mesure de leur principal rival cette saison, en Supercoupe et en championnat, mais l’opposition avait Sclessin pour théâtre.

Les chiffres plaident d’ailleurs en faveur des troupes visiteuses tant elles se sont montrées à la hauteur lors de tous leurs rendez-vous majeurs.

Tous ? Jusqu’à mercredi, le constat n’admettait qu’une petite exception : le nul enregistré à Genk. Mais à Braga, pour la première fois, l’armée rouche est apparue sans la moindre cartouche.

Un mercredi noir pour les Liégeois, qui ont perdu à la fois la tête du championnat, la face sur le continent et leur capitaine. Steven Defour, blessé très tôt au Portugal, manquera le choc de dimanche. Et l’impact de l’absence du Soulier d’Or 2007 sur le jeu du Standard, au vu de la déroute lusitanienne, ne fait aucun doute.

Psychologiquement donc, les Anderlechtois, à nouveau au sommet de la hiérarchie, semblent dans une position idéale pour s’envoler au classement. On peut néanmoins faire confiance à Laszlo Bölöni pour trouver les mots justes. D’autant que la perspective du "clásico" constitue en elle-même une source de motivation intarissable. Qui prendra un ascendant déterminant ?