Ils figuraient anonynement ou presque dans la colonne des "arrivées" à l'issue de la campagne des transferts du FC Brugeois, jugée quasi-insignifiante. Neuf mois plus tard, Peter Van der Heyden et Timmy Simons, équipiers à l'Olympiapark, mais aussi très amis dans la vie, sont sur le point de fêter leur première cape internationale mercredi soir sur la pelouse du glorieux Sparta de Prague.

C'est même à tout-à-fait sûr pour Van der Heyden, 24 ans, sans concurrence à l'arrière-gauche, comme dans son club, après les forfaits de Van Kerckhoven et Dheedene. Et probable dans le cas de Simons, 24 ans, qui refuse pourtant d'y croire. "Mon objectif en début de saison était de disputer une quinzaine de rencontres en équipe fanion à Bruges, et de ne pas me retrouver dans la tribune le dimanche", sourit-il en mesurant le chemin parcouru. "Aujourd'hui je suis un des rares joueurs de D1 à avoir disputé l'intégralité du championnat. Philippe Clément était en effet blessé lorsque la compétition a commencé, et j'ai hérité du poste. Cela a été ma chance. Cette première campagne brugeoise me laissera donc un souvenir impérissable. D'autant qu'elle pourrait se terminer en apothéose. Comme pour Lommel, mon ancien club, dont j'ai fêté le titre en D2, et que j'irai encourager au Stade Roi Baudouin en finale de la Coupe..."

Van der Heyden n'imaginait pour sa part certainement pas qu'il succèderait un jour à un monument comme Borkelmans, quand il était réserve en juniors régionaux à Lokeren.

"J'ai même alors pensé arrêter. J'avais un tas d'autres choses en tête", avoue l'ex-alostois.

"J'ai heureusement été relancé par Denderleeuw, et j'ai surtout eu la chance de monter en D2 avec ce club. Je me suis alors rendu compte de mes capacités, et j'ai envisagé de gravir les échelons. Mais à mon aise, sans vouloir forcer, au risque de retomber de très haut. Bruges représente actuellement mon sommet, mais je peux encore progresser. Notamment grâce à la Coupe d'Europe, et maintenant à l'équipe nationale, même si je ne suis que le numéro trois à mon poste pour le moment. J'ignore franchement où se situent mes limites. On verra bien. Je rêve d'aboutir un jour dans la Liga, mais les rêves deviennent rarement réalité. En attendant je vis une aventure merveilleuse. Grâce à Bruges, où j'ai eu la chance de tomber dans une équipe tournant à plein régime, qui m'a permis d'attteindre le niveau international. Même s'il y a encore beaucoup de choses queje ne sais pas pas faire. Je me suis donné à deux cents pourcents pour saisir ma chance, et c'est ce que je vais également faire sous le maillot des Diables Rouges. Il n'y a pas d'autre recette pour arriver. Je savais que je réussirais à Bruges dès la signature du contrat. Je connaissais déjà la pression, même si c'était dans le cadre de la lutte en bas de tableau à Alost, et le style de Trond Sollied, calme et non colérique, ni encore moins tyrannique, me convient parfaitement. On ne serait d'ailleurs plus en position de revendiquer le titre s'il y avait eu des coups de gueule après chaque contre-performance...", conclut Van der Heyden...