Depuis la prise de pouvoir de Bart Verhaeghe, le Club Bruges révolutionne son actualité pour aborder son avenir avec des chances réelles de renouer avec son riche passé.

Unique club belge à s’être qualifié pour une finale de la Coupe d’Europe des clubs champions - en 1978 contre Liverpool -, le Club Bruges disputera, ce mercredi en Slovénie, sa 250e rencontre de Coupe d’Europe.

Promu baron par le roi Albert II, Michel D’Hooghe a officié comme médecin du Club depuis la fin des années 70 et pendant une bonne dizaine d’années avant d’en devenir le président de mars 2003 à mars 2009.

Il s’imposait naturellement comme un témoin privilégié des heures glorieuses du Club dans les différentes compétitions européennes. "Je retiens évidemment, comme inaltérables faits de gloire, les deux campagnes qui nous ont menés en finale des deux Coupes d’Europe. Je n’oublierai jamais la première, celle de la Coupe UEFA en 1976, et le premier retournement de situation spectaculaire de notre histoire, dans la double confrontation avec Ipswich Town. A l’aller, en seizièmes de finale, nous avions encaissé un sec 3-0. Notre campagne était terminée. Les gens se sont malgré tout rendus au Klokke pour le retour, car ils voulaient découvrir le football anglais. A la mi-temps, nous avions comblé notre retard de trois buts. Dans le vestiaire, les joueurs étaient "morts". Je me demandais comment ils allaient pouvoir recommencer à courir pendant 45 minutes. On s’est qualifiés à deux minutes de la fin. Le stade a explosé en agitant des mouchoirs. Je me souviens que je me suis retourné vers la tribune : les gens pleuraient. Cette qualification nous a vraiment ouvert les portes de l’Europe : nous avons ensuite éliminé l’AS Rome, le Milan AC et Hambourg avant d’échouer d’extrême justesse, en finale aller et retour contre Liverpool."

Deux ans plus tard, les deux mêmes adversaires se sont retrouvés à Wembley, dans la grande finale : "Un autre moment inoubliable. Au tour précédent, nous avions sorti la prestigieuse Juventus. Hélas ! Raoul Lambert, notre buteur émérite, blessé, a dû faire l’impasse sur cette finale, en dépit de tous les soins qui lui avaient été prodigués. Paul Courant avait dû s’abstenir, lui aussi. Nous avons donc abordé cette finale très handicapés. Souvenez-vous qu’à cette époque, les effectifs des clubs ne comportaient que seize ou dix-sept joueurs."

Michel D’Hooghe retient, aussi, la formidable campagne 1987-1988 marquée par trois nouveaux renversements spectaculaires de score contre Zenit Leningrad, l’Etoile rouge de Belgrade et surtout le Borussia Dortmund. "Je n’oublie pas, non plus, sous ma présidence, un autre affrontement avec Dortmund, en phase qualificative pour la Ligue des champions. A l’aller, à Bruges, notre gardien croate Butina avait commis une bourde monumentale qui nous avait fait perdre (1-2). Au retour, nous nous étions imposés par 2-1. Butina s’est alors racheté en détournant deux tirs au but."