Ce soir, Anderlecht doit sauver sa saison européenne en terre autrichienne après leur match nul (1-1) à domicile il y a deux semaines.

8 h 30, hier matin à l'aéroport de Zaventem. La délégation anderlechtoise y avait rendez-vous avant de prendre le charter pour Vienne. On se serre la main comme lors de chaque déplacement, mais la tension est plus grande que d'habitude. En effet, Anderlecht joue son "match de l'année", en Autriche. Il n'y a qu'une qualification qui peut sauver la saison "mauve". L'enjeu - l'honneur du club, le coefficient, la tendance auprès des fans, la confiance des joueurs, la position de Vercauteren - est énorme, l'importance financière un peu moins. En effet, la Coupe de l'Uefa n'offre pas de jackpot à ses participants. Avec ses 11,4 millions en Ligue des Champions la saison passée, Anderlecht a touché deux fois plus que Séville (6,2 millions), vainqueur de la Coupe de l'Uefa.

Un exemple : une qualification pour la Ligue des Champions aurait rapporté une prime de 2 millions à Anderlecht. Aujourd'hui, Anderlecht joue pour une prime Uefa de... 70000 euros. C'est 28 fois moins. Comparée à ces montants, la prime par joueur est très raisonnable. Chacun peut gagner 12500 euros si Anderlecht se qualifie ce soir. La prime de qualification pour la Ligue des Champions était de 37500 euros, soit 3 fois plus.

Ce n'est pas l'argent qui va les motiver à gagner contre Vienne, raisonne-t-on à Anderlecht.

"Les joueurs connaissent l'importance de ce match, précise Herman Van Holsbeeck. S'ils rêvent d'un gros transfert, ils doivent jouer la Coupe de l'Uefa." Or, dans la ville de Mozart, c'est le collectif qui prime. "En un match, on peut faire taire toutes les critiques, dit le manager anderlechtois. On est comme le futur premier ministre, qui se fait attaquer de tous les côtés. On fait partie du cirque. Ne parlons pas trop. Et répondons sur le terrain. Avec une qualification, 70 pc de nos problèmes sont résolus On veut faire taire nos détracteurs".

Mais est-ce qu'Anderlecht peut réagir, avec un groupe si peu soudé ? Van Holsbeeck relativise : "Le problème entre Hassan et Zitka a été résolu. Je vous assure que l'atmosphère dans le groupe n'est pas si mauvaise. J'espère que ces deux feront la différence. Je compte sur la fierté des joueurs. Si on ne se qualifie pas, on se fera massacrer. Mais la vie ne s'arrêtera pas là."

Frutos, le leader

Ayant passé trois mois dans le cabinet médical et ayant joué son dernier match au mois de mai, Nicolas Frutos n'est pas en état de jouer un match du calibre Vienne - Anderlecht, ce soir. Et pourtant, Vercauteren a eu raison de l'avoir pris dans son noyau. En effet, la présence de Frutos donne de l'espoir à la délégation. Frutos, qui était déjà l'homme à avoir annoncé le boycott de la presse, semble être devenu le véritable patron de ce groupe. Herman Van Holsbeeck confirme : "Ce match vient un peu trop tôt, mais il peut hausser le rendement de cette équipe de 30 pc. À l'entraînement mardi, j'ai pu constater que sur les centres, il y avait quelqu'un pour mettre le pied ou la tête. Sa présence est capitale."

Mais il n'y a pas que le comportement de Frutos qui donnait espoir. Van Holsbeeck, qui se moquait de la barbe drue de Hassan, Zitka, qui venait serrer la main des journalistes, Boussoufa, qui posait volontiers pour des photos avec des supporters : l'ambiance dans le groupe semblait sereine.

L'équipe probable d'Anderlecht : Zitka; Wasilewski, Juhasz, Pareja, Deschacht; Legear, Polak, Hassan, Biglia, Van Damme; Serhat.