La première journée d'un championnat, c'est un peu, toutes proportions gardées, comme le match d'ouverture d'une Coupe du Monde ou d'un Championnat d'Europe: mathématiquement, elle n'a pas plus de valeur qu'une autre, mais médiatiquement elle fait certainement plus de bruit, parce que toute l'attention des supporters se porte sur les nouveautés, et puis, tout simplement, parce que le public a soif de football.

C'est dire que cette journée d'ouverture fera du bruit puisque ceux que l'on appelle communément les trois grands du football belge ont été plutôt malmenés et ce ne leur était plus arrivé, à ce point, depuis bien longtemps: notre statisticien, Claude Henrot, a calculé que, depuis que le football professionnel existe en Belgique (saison 74-75), une seule fois, Anderlecht, Bruges et le Standard ne s'étaient emparés, ensemble, que de deux maigres unités au maximum. Et c'était il y a 29 ans, en 75-76. Mais les chiffres du statisticien démontrent également que ce n'est pas parce qu'on perd le premier match qu'on voit nécessairement s'envoler le titre, Anderlecht ayant été quatre fois champion après s'être incliné d'entrée de jeu.

Ces pertes de points sont donc très relatives, mais ce qui l'est nettement moins, c'est l'impact psychologique de ces contre-performances à quelques jours de rendez-vous européens décisifs. Ce n'est certainement pas la défaite à Mouscron qui calmera l'affaire Aruna Dindane. Il est loin le temps où, quand on signait un contrat jusqu'en 2007, on ne le discutait pas en 2004. Aujourd'hui, c'est le club qui passe pour le mauvais s'il s'oppose au départ prématuré du joueur. De toute manière, le club, lui, ne procède pas autrement avec d'autres joueurs - ou entraîneurs - sous contrat ailleurs, et il y va sans doute de son intérêt financier d'attendre le moins longtemps possible. Quoi qu'il en soit, c'est toujours le supporter qui est cocu. Le cas de Tristan Peersman est à peine différent. Il ne comprend pas qu'on puisse être international et réserviste. À cet égard, Aimé Anthuenis n'a ni rendu service ni facilité la tâche de personne en sélectionnant et surtout en alignant des éléments comme lui ou Vanden Borre qui ne comptaient que quelques apparitions en équipe fanion.

C'est que ni Anderlecht ni Bruges n'ont droit à la faute: une élimination, contre Benfica ou Donestk, et c'est la descente en Coupe de l'Uefa, avec un tour suivant en élimination directe. Une perspective qui donne le frisson...

© Les Sports 2004