Que s'est-il passé dans la tête des Brésiliens entre la vingt-troisième et la vingt-neuvième minute ? Un vaisseau extra-terrestre s'est-il emparé de l'âme des joueurs pour faire de ces hommes en jaune, vert et bleu des pantins à la merci d'une Mannschaft en pleine réussite. Apathiques, incapables d'arrêter les assauts allemands, les Brésiliens ont vécu six minutes infernales. Une déroute incompréhensible qui fait couler les larmes de soixante mille paires d'yeux. Au moins.

A la vingt-troisième, Miroslav Klose profite d'un ballon détourné par les poings de Julio César pour devenir le seul et unique meilleur buteur en phase finale de Coupe du monde. Une minute plus tard, Toni Kroos triple la mise. Le médian offensif poignarde César en reprenant une balle que loupent coup sur coup Thomas Müller et Klose. Tu quoque mi Tonii...

Ce tir puissant est suivi quelques secondes plus tard d'un deuxième but du même joueur. Cette fois, le milieu de terrain du Bayern Munich profite d'une perte de balle de cadet signée Fernandinho. L'Allemand de vingt-quatre ans s'empare de la balle et combine bien avec Sami Khedira au milieu d'une défense dont les grands espaces rappellent les paysages des steppes asiatiques. Khedira cède le cuir à son pote, qui ne se prive pas pour glisser un ballon "facile" au ras du sol, sous l'oeil impuissant, incrédule et consterné de César.

Juste avant la demi-heure, Khedira, auteur d'un très bon match, se voit récompensé en marquant le cinquième but de son équipe. Le numéro six hérite d'un ballon de Mesut Ozil, parti sur la gauche. Totalement seul au milieu d'un duo Dante-Fernandinho, Khedira fait durer le calvaire d'une équipe qui a stupéfié le monde... pour son indicible manque de réaction.

Rarement (jamais ?) une équipe de haut niveau n'avait connu un tel trou noir, permettant ainsi à des adversaires bons, mais loin d'être flamboyants de prendre autant le dessus. Un véritable drame national au pays du football, où tout un peuple attend un titre depuis douze ans. Une véritable humiliation qui risque de laisser des traces dans l'esprit de joueurs sur lesquels reposait une pression énorme. Ce mardi huit juillet, elle a fait craquer des champions pourtant habitués à évoluer au plus haut niveau. Preuve encore qu'au Brésil, le football est bien plus qu'une question de vie ou de mort.