Et maintenant, une victoire de la Belgique face à la Bosnie! Avec ce soleil retrouvé, ce sont, en effet, tous les sens des amateurs de football qui se sont manifestement remis en éveil. La lutte pour le titre relancée en partie, celles pour la troisième place et la descente plus chaudes que jamais: il suffirait que les Diables signent enfin une victoire convaincante pour que toutes les idées noires ruminées pendant l'hiver soient, sans doute, gommées d'un seul coup d'optimisme. Car la fièvre, c'est incontestable, a refait le siège des gradins, en particulier au Parc Astrid et à Sclessin, deux lieux cultes du football belge où le passage à vide actuel du Club Bruges ne laisse évidemment personne insensible. En deux rencontres, les leaders du championnat ont donc abandonné cinq points à leurs trois rivaux les plus proches. C'est à la fois peu et beaucoup, mais ce qui est certain c'est qu'une perte aussi conséquente, surtout qu'elle n'était pas nécessairement prévisible, accentue la pression que doivent commencer à ressentir les Brugeois. Certes, ils sont encore largement maîtres de leur sort. D'autant plus qu'ils ont l'avantage, pas négligeable, de recevoir à l'Olympiastadion tout à la fois les Bruxellois et les Liégeois. Nul doute, non plus, qu'ils misent sur les dégâts que devraient opérer chez leurs poursuivants les chocs Genk- Anderlecht et Anderlecht-Standard. On le constate, en principe donc, si la confiance ne se met pas à brutalement fuir la phalange brugeoise, elle reste la mieux placée pour conserver cette première place vers laquelle, pourtant, à Anderlecht, on s'est (re)permis de lorgner. L'ère Vercauteren a manifestement libéré une formation qui ne cesse de monter en puissance. Reste à savoir si, simplement, ce n'est pas quelques semaines trop tard. Ou, alors, quelques semaines trop... tôt si on se place du côté du Standard qui, malgré sa fantastique série de douze matches sans défaite et son tout nouveau record, en minutes, d'invincibilité, est toujours provisoirement condamné à la troisième place avec le souffle de Genk dans sa nuque! Un souffle, mais d'espoir celui-là, flotte aussi à la mer avec la confirmation du renouveau d'Ostende. Les Côtiers, qui n'ont pas eu à souffrir du choc psychologique espéré à Mouscron, ont cédé à nouveau au FC Brussels le second fauteuil de descendant. Mais, surtout, Ostende s'est désormais glissé dans le sillage immédiat de St-Trond et de sa victime du jour, deux clubs qui ont longtemps cru vivre un championnat sans stress et qui, aujourd'hui, sont dans la peau de l'échappé sur lequel fond le peloton à la vitesse d'un TGV!

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