Francesco Totti, le meneur de jeu de la sélection italienne, a été suspendu pour trois matches pour avoir craché sur un adversaire lors de la rencontre entre l'Italie et le Danemark (0-0), a annoncé hier l'UEFA. Une sanction qui oblige l'Italie à trouver une solution de rechange alors qu'elle doit jouer ce vendredi contre la Suède, puis mardi contre la Bulgarie: deux rencontres décisives pour la qualification en quart de finale de l'Euro.

Le début de tournoi de la Squadra Azzurra a été décevant puisqu'elle a été accrochée par le Danemark (0-0), mais, outre son résultat, ce match a été une vraie bombe à retardement: il a vraisemblablement marqué la fin de l'Euro pour Totti (27 ans, 42 sélections). Suspendu trois matches, il ne pourrait rejouer qu'en demi-finale, si tant est que l'Italie parvienne à ce stade de la compétition. Cette sanction est susceptible d'appel sous 24 heures, mais un accès de mansuétude de la part de l'UEFA est improbable. En effet, le Romain a été reconnu coupable de «conduite antisportive caractérisée» et l'UEFA a expliqué par la voix de son directeur de communication, William Gaillard, que sa faute aurait dû, selon la jurisprudence, être punie de quatre matches de suspension. Or, selon M. Gaillard, l'institution qui régit le football européen a tenu compte des excuses du meneur de jeu et du fait que le tournoi ne durait pas longtemps, pour faire preuve d'indulgence. Avant même la compétition, le sélectionneur Giovanni Trapattoni avait qualifié Totti de joueur «unique», «meilleur que Zidane» et capable de faire gagner l'Italie à lui seul. Ce dernier argument n'est plus d'actualité et toute la question est de savoir si sa seule absence fera perdre son équipe.

Trapattoni doit trouver une solution de rechange. A priori, il ne compte pas sur le Turinois Alessandro Del Piero dans l'axe de son 4-2-3-1 et devrait le laisser à gauche, tandis que le poste de Totti pourrait échoir à Andrea Pirlo, que la presse italienne réclamait déjà après le nul contre le Danemark.

L'autre question concerne l'impact psychologique de cette suspension sur le groupe. Del Piero, notamment, s'était offusqué du statut de chouchou de Totti. De ce point de vue, la sanction de Totti pourrait resserrer les liens entre les joueurs. L'intéressé n'a fait aucune déclaration.

En Italie, le geste de Totti, déjà exclu pour une simulation en huitième de finale du Mondial 2002 contre la Corée du Sud, a globalement soulevé critiques et condamnations.

© Les Sports 2004