Un doublé de Lisandro et un but de Bastos contre un but de Chamakh: Lyon a fait parler sa science de l'épreuve en se montrant plus réaliste en attaque et surtout plus constant sur la durée des 90 minutes. Mais la tâche n'est pas insurmontable au retour et les Bordelais conservent leurs chances.

Intensité, mouvements collectifs, occasions en pagaille et buts au rendez-vous: le club français des années 2000 et son concurrent le plus opiniâtre étaient bien en Europe.

Bordeaux a certes affiché un visage plus entreprenant que lors de la finale de la Coupe de la Ligue, perdue 3-1 face à Marseille samedi. Toujours est-il que les Girondins viennent de s'incliner deux fois sur ce score face à ses deux principaux challengers. Et pourtant, au stade de Gerland, la motivation était à bloc.

Fidèles à leur philosophie, les Bordelais ont pourtant eu la mainmise sur le jeu et développé leurs mouvements. Mais les Lyonnais étaient plus rapides, plus imaginatifs aussi. Et ont surtout profité des errements défensifs bordelais: la charnière centrale Sané-Ciani s'est montrée bien fragile.

La ligne offensive lyonnaise, dans un système en 4-2-3-1, s'en est du coup donné à coeur joie. Lisandro au premier chef: auteur d'un match monstrueux, y compris à la récupération, l'Argentin a ouvert le score dès la 10e minute en déviant un centre-tir de Bodmer et l'a clos d'un penalty (77e), sifflé sévèrement pour un coude de Chalmé dans la surface. Ombre au tableau pour l'OL, Lisandro sera suspendu au match retour...

Une partie ouverte suppose souvent un jeu qui s'écarte. Et de ce point de vue, les ailiers lyonnais ont rayonné. Delgado centre pour Bastos qui enroule sa frappe et marque le second but de l'OL (32e). Pas mal pour le Brésilien, déjà auteur d'un but samedi contre Grenoble (2-0) et titulaire à la place de Govou alors qu'il a longtemps fait figure de remplaçant. Le même Bastos lance aussi parfaitement Delgado dans l'axe, mais l'Argentin, plein d'initiatives quoique malchanceux, perd son duel avec Carrasso (25e).

Bordeaux a pourtant eu ses chances. Comme lorsque Gouffran effectue une talonnade, dos au but (26e). Pas de quoi tromper Lloris cependant: le gardien lyonnais demeure intraitable sur sa ligne. La semaine prochaine, l'Europe se déplacera-t-elle à nouveau en France, à Bordeaux cette fois?