Sale temps pour l’Union belge. On sait que (LLB du 17 février) son comité exécutif a non seulement confirmé la réprimande infligée à Louis Derwa, le dirigeant tubizien monté sur le terrain lors du match Tubize - Genk pour se plaindre auprès de l’arbitre des chansons dénigrantes ("et les Wallons, c’est du caca") entonnées par des supporters limbourgeois, mais a aussi estimé que ces paroles n’avaient qu’un caractère "ludique, taquin, légèrement moqueur".

La sentence et les remarques qui l’ont accompagnée n’ont pas plu à M. Derwa, qui compte se pourvoir en évocation, ni aux dirigeants du Standard, "qui ne peuvent accepter de voir la fédération banaliser à ce point de telles injures", ni à ceux du Sporting de Charleroi et de l’Excelsior Mouscron, qui ont fait parvenir une lettre de soutien à M. Derwa.

Mais la fronde gronde aussi chez les politiques. Le ministre de l’Intérieur Guido De Padt (Open VLD) a annoncé son intention de rencontrer au plus vite les dirigeants de la fédération pour "les mettre devant leurs responsabilités à l’égard des débordements des supporters de football". "Je pense que le système de sanctions disciplinaires de l’Union belge n’a pas le moindre effectif dissuasif. Les supporters individuels se voient infliger des sanctions sévères sur la base de la loi football, mais la fédération manie clairement d’autres critères pour ses propres membres et affiliés. Il faut qu’on arrête de jeter tout le temps le ballon dans le camp des autorités et de la police", a conclu M. De Padt, favorable à la création d’un comité disciplinaire et un comité d’appel indépendants.

De son côté, le ministre-président wallon, Rudy Demotte (PS), a demandé à l’Union belge de revoir sa position, jugeant la position du comité exécutif "incompréhensible et inacceptable". "Elle traduit un manque de respect et de considération pour toute une région du pays", a-t-il scandé, considérant que l’Union "envoie un signal très négatif à l’ensemble de la population". M. Demotte a invité le président de la fédération et Louis Derwa, à un entretien.

Quant au président du FDF, Olivier Maingain, il s’est dit choqué par la décision. "Des supporters commettent régulièrement des actes contraires à l’éthique sportive. Seuls un geste fort des autorités et une application stricte de la loi permettraient de les endiguer. La décision du comité ne va pas du tout dans ce sens", regrette M. Maingain.