Laszlo Bölöni sera-t-il toujours l’entraîneur du Standard à la reprise des entraînements, le 22 juin ? Entre une balade à Bruges, un détour par la mer du nord et un retour vers le passé qu’il souhaite effectuer en revisitant le parc et les étangs de Woluwe où il habita à la fin des années 80, il mettra à profit les dix prochains jours pour peser chaque argument.

Il hésite. Du côté d’une prolongation de contrat, il place notamment sa redécouverte de la Ligue des Champions, qu’il n’a plus connue depuis son succès en 1986. Du côté d’un départ figure la probabilité d’une saison où il possède beaucoup de chances de faire moins bien. Un peu comme Michel Preud’homme l’an passé. Il s’est désormais aussi refait un nom dans le concert européen et aspire, peut-être, à signer pour une durée supérieure à une saison, la norme à Sclessin. En tout cas, il semble avoir le choix en mains.

"M. D’Onofrio laisse la liberté dans les deux sens. Laissez-moi une semaine à dix jours. Ces deux dernières semaines, j’ai mis de côté tout ce qui concernait mon avenir pour me concentrer sur plus important. Je fais mon bilan. Il est intéressant mais il y a pas mal d’éléments sur lesquels je dois réfléchir. Mais, quoiqu’il arrive, ma relation avec la direction ne changera pas. On va s’asseoir et discuter pour régler certaines choses positivement. Et peut-être plus positivement."

Pourquoi resterait-il ? "J’ai quitté la Ligue des Champions il y a 23 ans en la remportant avec le Steaua Bucarest. J’ai été souvent tout près de l’accrocher, mais pendant que mes collègues entraîneurs entendaient l’hymne de cette compétition, je devais me contenter de le faire à la télévision. Je suis orgueilleux, je veux le meilleur. Avec le Sporting, j’ai échoué contre l’Inter en préliminaires. Ici, j’ai déjà été surpris de ne pas être qualifié directement, puis de ne pas être tête de série. Et, enfin, nous sommes tombés sur Liverpool. Cette fois-ci, j’ai pris rendez-vous et je peux y être. Je voudrais profiter de ce qu’on a gagné, c’est vrai."

Pourquoi partirait-il ? "Il y a un an, vous m’aviez demandé si l’héritage de Michel Preud’homme ne serait pas compliqué à assumer. Celui de Laszlo Bölöni, que ce soit pour un autre coach ou pour moi, sera plus difficile encore. Le travail bien fait influe sur les résultats mais ce n’est pas toujours le cas. Au Sporting du Portugal, j’estime avoir réalisé du meilleur travail la 2e année mais je n’avais terminé que 3e.. L’année d’avant, nous étions champions. Ici, il sera difficile de faire mieux - la "C1" est une autre compétition -et je ne veux pas casser la relation avec le public. Sur papier, je ne peux être qu’un meilleur coach puisque je connais mieux les joueurs et le championnat. Si des critiques suivent, je les trouverai injustes. Regardez Jacobs. Que peut-on lui reprocher? J’ai mis, je crois, la barre très haut. Ce sera difficile, pour le Standard, de devenir plus beau encore mais il peut devenir plus costaud, plus imposant, plus stable. Est-ce possible en changeant d’entraîneur chaque année? C’est difficile. J’ai aussi eu, et j’ai, des propositions. J’ai demandé à ces personnes de me laisser finir mon travail ici. Au moins par politesse, je reprendrai contact avec ceux qui m’ont laissé un message. Je dois aussi en parler à mon adjoint, à ma famille, à mes présidents."