Plusieurs voix, dont celle d'Alain Courtois, s'élèvent pour remettre le vote en question. Elles émanent le plus souvent de membres de fédérations candidates mais non élues.

La démission de Sepp Blatter de la présidence de la Fifa (Fédération internationale de football association) pourrait remettre en question l’attribution de l’organisation de la Coupe du monde 2022 confiée au Qatar.

C’est ce que déclarait, dès mardi soir, quelques minutes après l’annonce du départ de M. Blatter, le député bruxellois MR Alain Courtois qui a porté la candidature belgo-néerlandais pour la Coupe du monde 2018, attribuée à la Russie.

Selon l’échevin des sports de la ville de Bruxelles, le fait que Blatter quitte la présidence de la Fifa pourrait avoir de lourdes répercussions sur l’attribution de l’organisation de la Coupe du monde au Qatar. “Pour la Russie, c’est trop tard. Elle organisera sa Coupe du monde en 2018. Pour le Qatar, par contre, je pense que tout est remis en question”, a déclaré M. Courtois.

Un cancer

C’est aussi l’avis exprimé, mercredi, par Theo Zwanziger, ancien président de la Fédération allemande de football (DFB). Il a déclaré à la radio allemande qu’il est encore possible de revoir l’attribution du Mondial 2022 au Qatar, un “cancer pour le football mondial”. “Un pays qui fait la moitié du land de Hesse peut-il accueillir le plus grand événement de football? Non, je pense qu’il faut revoir cela. Il y a assez de temps dans le cas du Qatar”, a ajouté l’ancien membre du Comité exécutif de la FIFA.

Mercredi toujours, le président de la Fédération australienne de football Frank Lowy a estimé que “la course à l’organisation du Mondial 2022 n’a pas été propre”. Pour rappel, l’Australie était candidate. “Nous avons proposé une candidature propre. Je sais que ça n’a pas été le cas pour d’autres, et j’ai partagé ce que je sais avec les autorités, dont Michael Garcia”

Cet ancien procureur fédéral américain a rédigé un rapport sur les conditions d’attribution des Mondiaux 2018 et 2022, procédures entachées de soupçons de corruption. Son rapport n’a pas été intégralement publié, ce qui a conduit à un appel de sa part puis à une démission de la commission d’éthique de la Fifa. La fédération internationale avait, in fine, estimé qu’il n’ y avait pas lieu de remettre en cause les sites des deux Mondiaux.

De nombreux quotidiens anglais (l’Angleterre était candidate elle aussi) estimaient, mercredi, que le statut d’hôte de la Coupe du monde de la Russie et du Qatar devait être remis en question.Ils se déchaînaient tout particulièrement à propos du Qatar, pays où, selon le Washington Post, 1.200 ouvriers seraient morts sur les chantiers du Mondial (ce que le Doha dément).

La Bourse en recul

Si le Qatar devait être écarté, le Mondial pourrait revenir au Japon mais d’autres candidats seraient en lice comme les Etats-Unis et l’Australie. Selon plusieurs juristes spécialisés en droit du sport, les règlements de la Fifa sont assez flous mais leur interprétation pourrait permettre de procéder à un nouveau vote.

Au lendemain de la démission de Sepp Blatter, la Bourse de Dohar a fortement baissé. Ce qui confirme que les "craintes" d’une remise en cause de l’organisation du Mondial 2022 sont fondées. “La démission de Blatter à suscité une certaine incertitude concernant la Coupe du monde de 2022”, a déclaré Sebastien Henin, un responsable de la firme National Investor, basée à Abou Dhabi, capitale des Emirats arabes unis.

Rien à cacher

Le petit pays gazier du Golfle a, à plusieurs reprises, rejeté les accusations de corruption qui pèsent sur lui. Mercredi, le porte-parole de la fédération qatarie a rappelé que son pays n’avait rien à cacher. Il répondait au président de la Fédération anglaise Greg Dyke, qui a, lui aussi, mis la pression sur le Qatar après la démission du président de la FIFA. A la BBC, M. Dyke a déclaré, “si j’étais au Qatar, je ne serai pas très confiant.”

“Nous demandons à M. Dyke de laisser le processus légal suivre son cours, et de se concentrer sur sa promesse de construire une équipe d’Angleterre capable de remporter la Coupe du monde 2022 au Qatar”, a ajouté la fédération sur un mode ironique.