Six membres du conseil d'administration du FC Barcelone, champion d'Espagne en titre, ont démissionné en signe de mécontentement par rapport à la politique du club en pleine crise du coronavirus. L'information est ressortie vendredi dans une lettre ouverte aux supporters tombée dans les mains des médias locaux.

Deux des quatre vice-présidents du club, Emili Rousaud et Enrique Tombas, ont démissionné tout comme Silvio Elias, Josep Pont, Jordi Calsamiglia et Maria Texidor, membres du conseil d'administration. Le club a confirmé l'information quelques heures plus tard en évoquant "une réorganisation du Conseil d'administration" par le président Josep Maria Bartomeu.

Dans la lettre ouverte, il est expliqué que les directeurs ont posé des questions sur la politique de Bartomeu et plus précisément sur l'approche par rapport à la crise du coronavirus. Les administrateur démissionnaires demandent à Bartomeu des élections présidentielles anticipées. Ils ont aussi critiqué le fait qu'une société ait été engagée en début de l'année pour discréditer sur les réseaux sociaux les opposants au conseil d'administration, joueurs compris.

Ce qui avait mené au scandale du 'Barçagate'. "A la question: avons-nous commandité une opération visant à discréditer des personnes ou des institutions à travers les réseaux sociaux, la réponse est non", s'était défendu Bartomeu en février, indiquant simplement que l'entreprise était chargée de mener un travail de surveillance sur internet. Le président avait alors annoncé un audit interne pour débusquer toute irrégularité potentielle.

La radio Cadena Ser avait rapporté que le club avait payé un million d'euros pour cet audit. "Si les auditeurs nous disent que le coût de ces services est de 100.000 euros et que nous avons payé un million d'euros, cela signifie que quelqu'un a pioché dans la caisse", a déclaré vendredi Emili Rousaud, interviewé par la radio Rac1.

"Face aux accusations graves et infondées portées ce matin par M. Emili Rousaud, ancien vice-président institutionnel du club, dans plusieurs interviews à des médias, le FC Barcelone nie catégoriquement toute action qui pourrait être qualifiée de corruption, et se réserve donc le droit d'engager les actions judiciaires appropriées", a réagi le club par communiqué vendredi.

L'audit mené par PricewaterhouseCoopers "est toujours en cours et n'a par conséquent pas abouti à de quelconques conclusions", affirme le Barça tout en assurant avoir "facilité toutes les demandes d'informations et de moyens formulées par PwC depuis le début du processus".

"Nous demandons qu'une fois les résultats de l'audit de PwC présentés, les responsabilités soient clarifiées", ont exigé les démissionnaires, tout en réclamant "l'éventuelle restitution des actifs correspondants", le cas échéant.