Dennis Praet est déjà amoureux de son nouveau club : "Chapeau à la Sampdoria d’avoir fait un tel effort".

Il a dû attendre la fin août, mais Dennis Praet a enfin pu endosser son nouveau maillot, celui de Sampdoria où il a été présenté hier via les médias sociaux du club et s’est déjà entraîné. La DH a pu avoir un long entretien avec lui. "J’ai hâte de me donner pour ce club, vu le gros effort qu’il a fait pour m’avoir."

Avez-vous stressé, ces derniers temps ?

"Quand même un peu. Je pensais que mon transfert serait réglé bien plus vite. Mais Anderlecht n’a pas baissé son prix (NdlR : finalement, il est parti pour 9 millions au lieu de 10) . Pour un joueur avec seulement un an de contrat, c’est beaucoup. Chapeau à la Sampdoria d’avoir fait cet effort. Cela prouve qu’ils me voulaient vraiment."

Pourquoi avoir choisi la Samp ?

"Il y a plusieurs raisons. C’était le seul club qui voulait payer un si grand montant. Mais aussi : c’est un championnat qui m’attire, avec des matches au sommet contre la Juve , Milan, Rome et Naples. La ville est belle, les supporters sont - paraît-il - les meilleurs d’Italie. Okaka m’a montré une vidéo du derby. J’étais épaté. Qu’est-ce que cela chauffe ! Il n’a dit que du bien de son ex-club."

La Samp a gagné la Coupe d’Europe face à Anderlecht en 1990, avec Vialli et Mancini.

"On m’a parlé de cette finale. Mais Vialli, cela ne me dit rien. Je suis trop jeune."

Quelles sont vos premières impressions ?

"L’accueil à Rome, où j’ai passé mes tests médicaux le week-end, était très chaleureux. J’ai été manger avec le président, un homme très jovial. Il m’a expliqué comment manger des spaghettis à l’italienne. Donc sans couteau. J’ai constaté que les Italiens ne parlent pas vraiment l’anglais. Je vais donc vite apprendre l’italien. J’adore les langues, je parle d’ailleurs un peu l’espagnol."

Les mauvaises langues disent que vous auriez dû viser plus haut.

"Ce n’est pas parce que la Samp a terminé 15e la saison passée, que c’est un petit club. L’ambition est la colonne de gauche, et de préférence une qualification pour la Coupe d’Europe. Si je réussis à la Samp , je peux peut-être viser plus haut après."

Vous retrouvez un certain Filip Djuricic.

"Je lui ai déjà envoyé des messages via Whatsapp . J’aimais bien jouer avec lui à Anderlecht, on se trouvait bien sur le terrain. Le numéro 10, Bruno Fernandez, est aussi un bon joueur. On a une équipe avec une bonne organisation mais qui joue aussi au foot."

"Jamais, je n’aurais resigné pour un an"

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"Je sais que c’est un cliché, mais pouvez-vous faire passer un message à Anderlecht via le journal ? Je veux remercier mon club pour les six très belles années. Je suis arrivé comme un gamin, je pars comme un adulte."

Les mots de Praet sont sincères, malgré le bras de fer qui a duré pendant quelques semaines. Anderlecht voulait même le garder en le faisant resigner un nouveau contrat.

"Si Anderlecht n’avait pas accepté d’offre d’un autre club, je serais resté. Et j’aurais pu me motiver. Mais resigner un nouveau contrat d’un an ? Non, jamais, je n’aurais fait cela."

Dans ce cas-là, il risquait de se retrouver dans le noyau B.

"Cela aurait été bête de la part d’Anderlecht, après tous les bons matches que j’ai joués pour le club. Mais soit, inutile d’en parler, vu qu’il y a un accord."

Le courant avec Weiler passait bien. "Oui, c’est un bon entraîneur. Il a la même vision du football que moi. Il est très direct et dit directement aux joueurs quand ils ont mal joué. Certains joueurs ont du mal à accepter ces critiques, cela s’est vu. Mais moi, je crois qu’il fallait changer la mentalité, après la saison passée. Dans les petits matches, on n’affichait pas toujours le bon état d’esprit. Il veut des joueurs qui y vont à 100 %. Si ce n’est pas le cas, il peut être très dur."

Si Weiler est le meilleur coach en six ans à Anderlecht ?

Praet : "Je ne vais pas répondre. Chacun a son style."

Et le joueur qui va le plus lui manquer ? "Joker aussi, pour ne vexer personne. J’étais le plus proche des potes de ma génération, comme Roef, Dendoncker ou Heylen. Et de Defour aussi."

En six ans, il a connu des moments magnifiques. "Individuellement, mon Soulier d’Or était le plus beau moment. Mais je retiens aussi les titres, surtout celui de 2014, lorsque j’ai marqué contre Lokeren lors du dernier match."

Et son meilleur match ? "Difficile à dire. La Ligue des Champions était merveilleuse. Mon but contre Galatasaray, nos matches contre Arsenal et à Dortmund…"

Reste qu’il n’a pas dire adieu aux supporters. "Et cela fait mal. À Prague, je les ai salués, mais je n’étais pas encore sûr à 100 % de partir. En tout cas, je peux les rassurer : Anderlecht aura une bonne équipe. Il y a assez de talent sans moi, et il y aura encore des renforts. Même si Bruges a gardé sa même équipe, ce sera une lutte jusqu’au bout, qui se décidera dans les playoffs."