Le Club Bruges se prépare à recueillir, devant près de trente mille spectateurs acquis à sa cause, les fruits, juteux, d'une campagne nationale presque exemplaire: un 13e titre national conquis à la régulière. Un partage de l'enjeu contre Anderlecht, dont il conteste la suprématie depuis dix ans et son unique rival... par intermittence cette saison, suffirait à le combler d'aise. Le Club aurait même très bien pu ne pas être acculé à cette prouesse: en gagnant à Mons, vendredi dernier, il aurait mué cette obligation de ne pas perdre en une superbe rencontre de gala dénuée de tout autre impact que le prestige. La régularité de métronome des Brugeois, du mois d'août au mois d'avril suivant, leur a ménagé trois «balles de match». Ils en ont gaspillé une: il leur en reste encore deux. Grâce à elle, ce «sommet» pleinement réhabilité leur octroiera donc encore un petit droit à l'erreur. Même battus par un Sporting qui recommencerait alors, légitimement, à croire à la reconduction très longtemps inespérée de son sacre, les Brugeois conserveraient leur position dominante à l'aube de l'ultime journée: comme ce dimanche, un partage leur suffirait toujours, en déplacement à St-Trond, pour être couronnés. Mais le Club n'entend nullement user de ce joker: il se fait fort de ponctuer son parcours avec panache dès dimanche. Les Brugeois se sentiront sous pression, davantage encore sans doute que les Anderlechtois. Dans leurs grands matches antérieurs, ils n'ont pas souvent su bien juguler ce stress. En cas d'échec, ils s'exposeraient à un mécompte... psychologiquement fâcheux.

© Les Sports 2005