Sénégal-Nigeria et Mali-Cameroun, les deux demi-finales de la Coupe d'Afrique des Nations, ont lieu jeudi dans la même ville de Bamako, la capitale malienne, qui va être aussi celle du football africain.

A 16h00 locales (17h00 heure belge), par près de 30 degrés, le Sénégal et le Nigeria, deux équipes qui seront présentes au Mondial 2002, fouleront la pelouse du stade Modibo-Keita, une sorte de petit Dakar du ballon rond. Les coéquipiers d'El Hadji Diouf ont joué et gagné trois fois depuis le début de la compétition dans cette enceinte de 25.000 places, devant leurs supporteurs venus du pays.

Les hommes du Français Bruno Metsu ont donc l'avantage du terrain face aux Nigérians, qui ne connaissent pas encore la pelouse aux faux rebonds assassins. De plus leur infirmerie est vide, alors que le gardien titulaire du Nigeria, Ike Shorunmu, est incertain, après s'être blessé dimanche contre le Ghana (1-0) en quart de finale.

Mais les Sénégalais, qui ont joué lundi contre la RD Congo (2-0), s'inquiètent d'avoir eu un jour de récupération en moins: «C'est du 50/50 », estime Bruno Metsu. Mais c'est l'équipe la plus fraîche qui va gagner, pas forcément la meilleure. Nous avons trois joueurs qui ont perdu trois kilos lors du dernier match (Sylvain Ndiaye, Lamine Diatta et Pape Sarr) ».

quatre matchs, les deux équipes n'ont encaissé aucun but. «Ce sera ouvert contre le Nigeria », prévoit le doyen de la sélection du Sénégal, Amara Traoré. «Jusqu'à présent, nous sommes tombés sur des équipes qui pratiquaient un jeu fermé. Contre le Nigeria, on va jouer libérés ».

Les Nigérians ne se fient pas à leur victoire contre le Sénégal en quart de finale de la CAN 2000 (2-1 après prolongation). «Ils ont mûri », estime Tijjani Babangida, qui sait comme ses coéquipiers que le Sénégal a gagné en confiance avec sa première qualification pour un Mondial.

La préparation des Super-Eagles a de nouveau été perturbée par des menaces de boycott d'entraînement de la part de certains joueurs, qui exigent le remboursement des billets d'avion.

Le Cameroun rêve du doublé A 19h00, à l'autre bout de la ville, la jeune garde malienne défie les Lions indomptables du Cameroun, devant 50.000 supporters, dans un stade du 26-Mars chauffé au fer blanc.

«Nous sommes les champions et nous sommes la grande équipe que tout le monde veut battre », affirme tranquillement l'avant-centre camerounais Patrick Mboma, meilleur buteur du tournoi (trois buts). «Dans les matchs à élimination directe, tout peut arriver. Ce serait dangereux de penser que nous allons battre le Mali en raison de notre passé. C'est le pays hôte et les équipes locales font souvent de bons parcours », tempère toutefois l'attaquant de Parme, meilleur joueur africain pour l'année 2000.

Les Camerounais rêvent de remporter la CAN pour la deuxième fois de suite, un exploit inédit depuis 1965 et le doublé du Ghana. De son côté, le Mali, qui ne dispute que sa troisième phase finale de la CAN, a réussi le tour de force d'arriver dans le carré d'as à chaque fois et même en finale en 1972.