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Football

La folie du foot a frappé l'Afrique du Sud

Publié le - Mis à jour le

Les autorités du football sud-africain ont diligenté jeudi une enquête sur la bousculade qui a causé la mort, mercredi soir, d'au moins 43 personnes à l'entrée du stade d'Ellis Park, à Johannesbourg, où se jouait un match du championnat.

On dénombre également au moins 58 blessés dans ce qui représente la catastrophe la plus grave de l'histoire du sport en Afrique du Sud. Des sources hospitalières ont indiqué que neuf blessés étaient toujours jeudi dans un état critique.

Les Sud-africains ont découvert jeudi matin sur leurs écrans de télévision, et à la une de leurs journaux, les images des cadavres de victimes alignés sur la pelouse du stade.

Des témoins ont décrit l'agonie de certaines personnes, dont de nombreux enfants, qui ont péri étouffées ou écrasées sous le poids de la foule. Celle-ci tentait de pénétrer dans l'enceinte du stade, une trentaine de minutes après le début du match qui opposait les Kaizer Chiefs à l'équipe des Orlando Pirates.

Un responsable de la sécurité, Petrus Saayman, a expliqué qu'il avait vu une jeune adolescente mourir, la tête coincée entre deux portes, sous la pression des supporters qui avaient réussi à rentrer en renversant une clôture.

Des personnes cherchant à identifier leurs proches ont fait la queue dès l'aube devant la morgue de Johannesbourg. Roy Nation, l'un d'entre eux, a fait savoir qu'il était à la recherche de sa fille de onze ans, disparue depuis mercredi soir.

DÉJÀ EN 1991

«Une enquête exhaustive sera diligentée sur cette tragédie»

A déclaré Robin Petersen, le directeur exécutif de la Ligue de football à l'occasion d'une réunion d'urgence de responsables gouvernementaux et sportifs.

En janvier 1991, 42 personnes avaient péri dans une bousculade dans le stade de la petite ville minière d'Orkney, où, ironie du sort, se rencontraient les deux mêmes équipes que mercredi.

Cette tragédie rappelle en outre nombre de drames du même type qui ont eu lieu de par le monde dans des stades de football, comme celui du Heysel le 29 mai 1985 (39 morts) ou celui de Furiani à Bastia (17 morts dans l'effondrement d'une tribune provisoire) le 5 mai 1992.

«Il y avait plus de supporters que le stade ne pouvait en contenir. En conséquence, des gens ont été écrasés et blessés», a déclaré Ngconde Balfour, le ministre sud-africain des Sports, à la chaîne de télévision CNN. Ce dernier a estimé que la catastrophe ne nuirait pas à la candidature de l'Afrique du Sud pour l'organisation de la Coupe du monde de football de 2010. «Cela est arrivé avant à d'autres pays, sans affecter leurs chances d'accueillir des grandes manifestations internationales», a-t-il dit. 120.000 personnes se trouvaient déjà dans les gradins du stade d'Ellis, dont la capacité officielle est de 70.000, lorsque les portes ont été fermées.

La foule, à l'extérieur, a donné libre cours à sa colère et s'est acharnée sur une haute porte métallique, qui a fini par céder. Elle s'est effondrée sur plusieurs personnes, qui ont été prises au piège en-dessous pendant que la foule déferlait dans l'entrée. À l'intérieur du stade, pendant ce temps, le match avait débuté. Il a été interrompu à la 33e minute de jeu. Les spectateurs, tout d'abord incrédules, ont assisté depuis les gradins à l'arrivée des hélicoptères et à l'étalage des corps des morts, recouverts de feuilles de journaux tout d'abord, et des blessés auxquels ont été administrés les premiers soins.

Plusieurs enfants figurent parmi les morts et les blessés, dont un bon nombre ont été évacués par hélicoptère depuis le terrain, transformé en héliport de fortune et en hôpital de campagne.

(REUTERS)

© La Libre Belgique 2001

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