La Fédération a dépensé beaucoup d’argent pour que les joueurs se sentent bien.

La traversée de la rivière en elle-même ne dure que quelques minutes. L’embarquement, sur un bateau qui n’est pas des plus modernes, prend plus de temps. Après, il faut encore emprunter une route sinueuse, qui traverse d’abord la mangrove. Un panneau avertit : "Ici vit un homme de plus de 100 ans." Et il est bien là, assis sur le bord de la route, imperturbable devant les nombreux passants. Car depuis un mois, il en a vu passer des gens. Essentiellement des journalistes allemands. Et de temps en temps le bus des joueurs qui deviendront peut-être champions du monde.

C’est là, au bout de cette route, que se trouve le Campo Bahia, le camp de base construit par la Fédération allemande expressément pour la Coupe du monde. Hélas, on ne le verra pas : le "resort" où résident les joueurs est très bien gardé. Même les journalistes allemands n’ont pas eu droit à une visite. Ils ont toutefois un beau lot de consolation : un centre de presse impressionnant. Logo immense de la DFB et des sponsors. Bâtiments hypermodernes. Et connexion Internet impeccable, ce qui est plutôt rare au Brésil.

La Fédération allemande a vu grand

La Fédération allemande - la plus grande Fédération sportive de la planète tous sports confondus - a vu grand. Elle a longtemps réfléchi à ce qu’il faudrait mettre en place pour ne plus connaître les tensions vécues lors de l’Euro 2012. Elle a alors eu une idée "kolossale" : construire son propre centre d’entraînement ! C’est la seule des 32 équipes participant à ce tournoi qui disposait de ce luxe. Le but : que les joueurs se sentent le plus à l’aise possible. Mais il y avait aussi un autre objectif, plus implicite : renforcer les liens d’amitié entre les joueurs de la Mannschaft. Les plans des 14 villas construites ont été dessinés avec cette idée en tête. Löw, Bierhoff et consorts voulaient que chaque maison comporte six suites, qui permettent aux joueurs de vivre un mois dans une sorte de colocation de luxe.

Podolski, dont tout le monde vante les qualités humaines, partage par exemple une villa avec Ozil. Et on murmure que l’ambiance décontractée qui règne dans la villa no 2 n’est pas étrangère au retour en forme de l’ancien joueur du Real…

Et les femmes, dans tout ça ? Dans un premier temps, il avait été envisagé de les laisser habiter dans d’autres villas du complexe, mais Löw a fait marche arrière. Elles sont dans un hôtel tout proche et ne sont autorisées à venir que les lendemains de matches. Visiblement, c’est une méthode qui fonctionne.