Au milieu d'un paysage médiatique plus riche en tabloïds qu'en papiers d'analyse, le Guardian fait office de must-read de l'autre côté de la Manche. Le quotidien britannique jette souvent des coups d’œil experts sur le monde du ballon rond, ce qui en fait un rendez-vous incontournable pour les fans de Premier League désireux d'entendre parler d'autre chose que des FaceTime en-dessous de la ceinture d'Adnan Januzaj.


Bref, si on avait dû parier sur un quotidien britannique capable de déclencher l'ire d'un club comme le Napoli, on n'aurait sans doute pas misé un pound sur le Guardian . Et pourtant, dans son article quotidien consacré aux rumeurs qui agitent le marché des transferts, la section sportive du site internet du journal a dérapé. Au moment d'écrire sur l'intérêt du Napoli pour Danny Welbeck, Barry Glendenning, sans doute à court de surnom pour éviter de répéter le nom du club tous les trois mots, décrit les Partenopei comme "le club de l'un des bastions de la mafia italienne" . Puis, sur sa lancée, il enchaîne en disant que la direction napolitaine devra faire à Manchester United "an offer they can't refuse" , référence on ne peut plus explicite au Parrain .


Il n'en fallait pas plus pour que le club de Dries Mertens réagisse. Nicola Lombardo, directeur de la communication du Napoli, a adressé une lettre ouverte à Ian Prior, chef du service des sports du quotidien britannique: "Je sais qu'il peut arriver que certains articles ne soient pas lus avec attention avant d'être publiés" , commence Lombardo, avant de faire part de sa consternation "en lisant un lieu commun aussi archaïque, qui pourrait être réfuté par les millions de Britanniques qui passent chaque année leurs vacances en Italie. Ils ne le feraient certainement pas s'ils pensaient que Naples est le fief de la mafia, ou des gens se font tuer ou voler à tous les coins de rue."


Après avoir demandé des excuses de la part du Guardian , le monsieur presse des Partenopei poursuit, comparaison à l'appui: "Vous voyez, monsieur Prior, c'est comme si nous jugions Newcastle comme une ville d'ignorants vulgaires, sociopathes et accros à la salle de fitness, à cause de la manière dont ils sont mis en scène dans Geordie Shore." Lombardo fait ainsi référence au fameux tv-show diffusé sur les ondes de MTV, sorte de Secret Story de l'extême mais sans secret, sans enfermement et sans pudeur, où des bimbos en plastique et des garçons dont la masse graisseuse est aussi élevée que le quotient intellectuel se défient à qui sera le plus indécent. Une publicité pour Newcastle aussi déplorable que le jeu proposé par les Magpies depuis le départ de Yohan Cabaye cet hiver.


À l'heure d'écrire ces lignes, aucune excuse n'est encore présente de manière visible sur le site du Guardian . Reste à espérer que les participants de Geordie Shore ne portent pas plainte contre le Napoli pour diffamation et insulte gratuite. Imaginez l'escalade...