Alors que ses potes zébrés défiaient Amiens au Touquet, Bertrand Laquait rentabilisa la perm' accordée par Jacky Mathijssen samedi soir pour regarder France-Brésil en compagnie d'un compatriote habitant en Wallonie. Hier, le gardien de Charleroi était tout simplement aux anges : "Même dans mes rêves les plus beaux, je n'aurais pas osé imaginer cela. Quelle prestation magnifique entre deux grandes équipes et, surtout, quel fabuleux Zidane ! Il n'y a pas de mots pour qualifier sa prestation tant elle était énorme. Quand il est dans une telle forme, cela facilite les choses pour tous ses équipiers, évidemment."

La fête concerna les moindres recoins de l'Hexagone dans la belle et chaude de nuit de samedi. Dithyrambiques, les commentaires faisaient quasiment tous référence à la folle campagne de 1998. Bébert n'était pas en reste : "On retrouve peu à peu notre équipe de l'époque, alors imbattable. A chaque match, l'amélioration et la montée en puissance sont palpables. Par rapport aux rencontres de poule, on a même carrément multiplié la vitesse par dix, là ! Comme beaucoup de Français, j'avoue que j'avais perdu tout espoir avant la prestation contre l'Espagne. Mais maintenant..."

Raymond Domenech, très contesté il y a peu de temps encore par ses joueurs, les observateurs et le peuple, se trouve désormais en voie de Jacquetisation . Bertrand Laquait assume et justifie les critiques précédentes : "Elles étaient logiques. Pourquoi se voiler la face quand ce n'est pas bon ? À présent que tout va bien, cela ne sert à rien de prétendre que les analyses faites à propos du mauvais premier tour n'étaient pas correctes."

Des trémolos dans la voix, Bertrand Laquait envisage maintenant l'étape suivante : "On parle de Zidane mais les autres cadres de l'équipe comme Henry, Vieira et Makelele sont eux aussi à leur niveau, ce qui libère les plus jeunes. Regardez Ribery par exemple : quelle fraîcheur il apporte à l'équipe, celui-là ! Il faut aussi noter que les deux dernières grandes prestations ont été réalisées en position d'outsider qui pouvait défendre. Il faudra voir, alors que la France refait peur, comment elle abordera un Portugal qui ne se privera sans doute pas de jouer replié en misant sur l'explosivité de Pauleta et Cristiano Ronaldo."