Lorsqu'il se pressa, vendredi, sur le ton de l'ironie, d'affirmer qu'il restait un week-end et, surtout, une semaine pleine avant le coup d'envoi du match Bosnie-Belgique pour exprimer son euphorie, Aimé Anthuenis ne croyait sans doute pas si bien dire. La tuile qu'il appréhendait est effectivement tombée du toit de l'AOL Arena, stade du club de Hambourg, là où Emile Mpenza a fait savoir qu'il devrait probablement renoncer à sa sélection. Un renom aux accents médicaux qui surgissait donc sur le bureau du coach fédéral vingt-quatre heures après un autre renom, mais aux relents de rancoeur celui- là, formulé par un Frédéric Herpoel qui, en la matière, n'en était pas à son coup d'essai. Soyons réaliste, ce forfait-là chagrine certainement moins Aimé Anthuenis que ne le fera celui d'Emile Mpenza s'il est confirmé ce matin. L'absence à Zenica du cadet des deux frères ruine, en effet, le plan de bataille offensif sur lequel l'entraîneur fédéral misait tant pour revenir de Bosnie avec la victoire de l'espoir. Personne dans son noyau, effectivement, ne possède les qualités naturelles d'Emile, surtout pour exploiter à merveille les atouts d'une tactique basée sur le contre. La très bonne répétition générale opérée face à la Grèce et traduite par un succès convaincant dans les chiffres et la manière risque donc de devenir inutile, sauf si elle a servi, et gageons que c'est le cas, de renforcer l'esprit collectif des Diables. Mais on le sait, parfois, un seul être vous manque, et c'est la... catastrophe. Ici, on en est déjà à un et... demi!

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