Cinq. Ils seront cinq ou peut-être six si d’aventure Dennis van Wijk venait à prolonger son baroud d’honneur à la tête de Charleroi.

Koster, Been, van Veldhoven, Jans, van den Brom : cinq noms ramenés à un plat pays, à une entité batave, à un label “hollandais”. Les entraîneurs néerlandais ont la cote sans que l’on comprenne bien pourquoi la mode choisisse subitement de s’emballer sur le coup de l’été.

Dans le paquet d’explications rapidement déballées, le jeu offensif prôné par les coachs bataves ressort bien souvent comme un argument commandé. Pour son intronisation hier soir à la tête d’Anderlecht, John van den Brom n’a d’ailleurs pas dérogé à la vague image que certains s’étaient empressés de tirer de son passé. “Je sais que l’effectif dispose d’énormément de possibilités offensives. Cela doit nous permettre de jouer le football que j’ai en tête. Afin de mieux connaître mon groupe, je vais emmener des DVD du Sporting en vacances. Je crois que cela ne plaira pas trop à ma femme (rires).J’ai hâte d’être le 18 juin, afin que je puisse travailler avec mes joueurs.”

Un discours quasiment décalqué sur celui de Ron Jans, présenté la veille du côté du Standard après la signature de son contrat d’une année.

Reste que le label du “foot offensif” passé, le jeu des ressemblances et des différences mériterait d’être poussé un cran plus loin comme pour tuer rapidement les raccourcis et les clichés. Un point au moins réunit encore les Koster, Jans et van den Brom : l’image et le culte voué par ces (jeunes) coachs à certains de leurs glorieux aînés. “Louis van Gaal est mon grand exemple”, ajoutait hier le nouvel entraîneur anderlechtois. “C’est lui qui m’a fait transférer à l’Ajax en tant que joueur, et qui m’a mis à la tête de l’école des jeunes. On a des personnalités différentes, mais on a la même manière de penser au sujet du football.”

L’école de l’Ajax donc. Un lieu où Adrie Koster avait lui aussi fait ses gammes tandis que le football chéri par Been à Feyenoord tentait, aux dires de certains observateurs, de s’inspirer des méthodes ajacides.

Mais dans cette quête des ressemblances, un autre point finit par taper dans l’œil sans que l’on ne sache vraiment quel intérêt lui porter. Des cinq ou six entraîneurs néerlandais présents dans notre division 1 l’an prochain, aucun n’a jusqu’ici aligné un palmarès à même d’imposer l’immédiat respect. Même le joli parcours de van den Brom à Vitesse n’a pas de quoi éclabousser les observateurs : “Mais je veux être champion (rires). Je devais le promettre au président. Mais il a raison : il faut oser être ambitieux. Et je veux jouer la Ligue des champions.”

Leur âge relativement jeune (45 ans pour l’entraîneur anderlechtois) pourrait d’ailleurs leur permettre d’escamoter ces critiques en sachant fort bien que les premières échéances viendront très vite les rattraper. Quel crédit nos clubs décideront-ils d’accorder à Jans ou à van den Brom si d’aventure les premiers matchs devaient douloureusement se terminer ? La mode batave devra aussi survivre à l’été.