ÉCLAIRAGE

Même sans un faux passeport, un footballeur peut avoir plusieurs nationalités. Mais toutes n’ont pas la même valeur aux yeux des lois, que celles-ci soient du droit ou du foot. Alors, quand les deux s’emmêlent, cela crée de nombreux problèmes…

Première possibilité : posséder la double nationalité dans sa jeunesse, ce qui arrive à de plus en plus de monde de nos jours.

Footballistiquement, l’équation est simple : on choisit alors avec quelle équipe nationale on veut évoluer. La décision se prend lors de la première convocation par un entraîneur. Elle est lourde de conséquences puisque, par la suite, elle détermine la nationalité footballistique internationale, ce qui signifie qu’un joueur qui a joué en équipe de France, même en classes d’âge, ne pourra jamais être Diable Rouge (comme ce fut le cas pour Thierry Pister).

Autre possibilité : se faire naturaliser. Et là, c’est la règle précitée qui prévaut pour les rencontres avec la formation représentative de son pays. C’est pour cela que l’on a fortement insisté sur le fait que Josip Weber et Branko Strupar n’avaient pas évolué avec l’équipe de Croatie. En revanche, Suad Katana, qui est Belge, a joué avec la Bosnie et ne pourra donc jamais être Diable Rouge.

ARRÊT BOSMAN

En revanche, pour la compétition domestique, c’est le passeport qui compte : en France, Katana serait considéré comme joueur intra-communautaire et ne serait donc pas tenté de falsifier sa nationalité. Une tentation due à l’arrêt Bosman – qui prévoit la libre circulation des sportifs émargeant à une nation de l’Union Européenne – et aux règlements nationaux – qui limitent le nombre d’étrangers hors UE pouvant être alignés lors d’une rencontre.

Le problème pourrait-il se poser en Belgique ? Il suffit de regarder la composition de l’équipe de Lokeren contre le Standard lors de la 17e journée de championnat pour y répondre : les Waeslandiens alignaient au coup d’envoi 10 joueurs extra-européens. Et même s’il existe dans le football certains dirigeants qui ne sont pas futés, aucun ne serait assez stupide pour effectuer une erreur aussi grosse.

En fait, si en France, l’arrêt Bosman est appliqué à la lettre, en Belgique, il a été étendu à toutes les nationalités. Une manière d’anticiper de nouvelles réglementations, une attitude que nos dirigeants n’ont pas toujours adoptée, ce qui leur a souvent été reproché.