Le couperet est tombé hier matin sous la forme d'un recommandé envoyé au siège de l'Union Belge : Dexia, le "main sponsor" des Diables Rouges, a décidé de quitter le terrain et de ne pas renouveler le contrat de parrainage qui le lie à l'équipe nationale jusqu'au 31 décembre prochain. "Ce n'est pas une surprise à proprement parler", indique Germain Landsheere, le trésorier de la "Maison de Verre". "Cela faisait quelques mois que nous avions senti le vent tourner et, même si nous continuions à espérer que Dexia nous assure de son soutien à l'avenir, nous nous attendions à une décision défavorable. Mais c'est son droit le plus strict et, heureusement, il y a d'autres banques en Belgique, non ?"

Bien sûr, mais laquelle d'entre elles voudrait encore associer son image et ses finances à une équipe qui traînera encore tout l'hiver la défaite de mercredi comme un boulet ? "Disons que cette annonce tombe à un très mauvais moment pour nous, c'est certain, mais elle n'est en rien une conséquence directe de la défaite face à la Pologne", certifie Germain Landsheere, confirmant ainsi les propos de Dirk Smet, le directeur de la communication de Dexia.

"Chaque année, nous évaluons l'ensemble de nos accords de sponsoring en terme de critères de visibilité et de possibilités d'exploitation et d'utilisation de l'image", a-t-il déclaré à l'agence Belga. "Dans ce dossier précis, il est apparu certaines discordances, ce qui a justifié la non-reconduction du contrat. Les moins bons résultats de l'équipe nationale n'ont pas été l'élément essentiel. Depuis 1978, il y a eu d'autres périodes tout aussi peu glorieuses. Ce fut néanmoins un des aspects qui a influencé la décision, laquelle ne remet pas en question le soutien accordé à la formation des jeunes par le biais du projet Dexia Foot Pass."

Dernier sponsor historique

Il n'empêche, l'accumulation des échecs de notre équipe représentative lors des campagnes de qualification successives ne facilite évidemment pas les démarches des commerciaux de l'Union Belge. Alors que celle-ci s'était attachée en son temps les services de quatorze sponsors principaux, ceux-ci se comptent presque, aujourd'hui, sur les doigts d'une main. Les lendemains de défaites sont assurément plus durs qu'il n'y paraît pour les dirigeants de l'UB, qui avaient déjà perdu le parrainage de Peugeot (remplacé par Kia Motors) et Continental dans le courant de l'année passée. "Le contexte actuel est évidemment très délicat", note son trésorier. "Pour la première fois, nous risquons de terminer l'année dans le rouge. Les rentrées financières manquées en raison de notre élimination pour le Mondial 2006 (NdlR : 2,5 millions €) constituent un élément d'explication mais il faut aussi reconnaître que, par les temps qui courent, les mécènes ne se bousculent pas au portillon..."

Et, pour l'Union Belge, qui affirme mener "des négociations à un stade avancé" avec d'autres partenaires potentiels dont l'identité sera vraisemblablement dévoilée avant la fin de l'année, le coup porté par Dexia, qui n'était autre que son dernier sponsor "historique" (la Loterie nationale avait déjà revu ses priorités, au rang desquels ne figurent plus les Diables Rouges) et dont le nom était associé au terrain d'entraînement de l'équipe, est assez rude. D'autant que les retombées liées à l'exceptionnelle Coupe du monde 1986 ne sont pas éternelles : maintenant que les dirigeants fédéraux l'ont compris, au tour... des joueurs !

© La Libre Belgique 2006