Sur la scène nationale, l’année 2012 aura certainement été celle d’Anderlecht, qui a retrouvé le chemin du titre et de la phase de poules de la Ligue des Champions.

Les douze derniers mois auront aussi été très favorables aux Diables Rouges, qui semblent enfin avoir retenu les leçons de leurs erreurs depuis le débauchage de Georges Leekens.

Diables et Mauves sont donc logiquement fort présents dans le Top de ceux qui ont fait tourner le football belge en 2012.

Ce classement, établi par les journalistes de la rédaction football de La Dernière Heure est forcément subjectif. Mais il rappelle bien qui a fait l’actu cette année, et comment. Avec également les ambitions de ce beau monde pour 2013…

De Legear à… un entraîneur devenu essentiel dans le paysage belge, c’est parti pour le compte à rebours…

Les places 9 à 1

9. Bart Verhaeghe

Richissimme homme d’affaires, Bart Verhaeghe a pu s’apercevoir, lors de sa deuxième année de règne, qu’en football, l’argent ne faisait pas tout. Le Club a acheté de la quantité plutôt que de la qualité et les résultats ne suivent toujours pas. Et que dire des millions gaspillés pour les quelques semaines de travail de Leekens… Bart Verhaeghe devrait sans doute apprendre à davantage déléguer. Mais il a la réputation de ne pas trop aimer ça.

Sa meilleure action en 2012 : débaucher Leekens. On a vu les résultats qui ont suivi pour les Diables ! Le football belge doit une fière chandelle à Bart Verhaeghe.

Son plus grand défi en 2013 : arrêter de jeter de l’argent par les fenêtres en ciblant correctement son recrutement.

8. Roland Duchâtelet

Le choix de Ron Jans était le sien… et c’était clairement une erreur de casting. Duchâtelet affirme aussi avoir dépensé dix millions en transferts l’été dernier. Là encore, il y a eu quelques mauvais choix. Mais le président s’accroche à son fil… rouche : garder des finances saines, ne pas faire de folie et garder une ambition raisonnable. Tout en rêvant à la Bénéligue…

Sa meilleure action en 2012 : garder les prix des tickets à un prix démocratique. Même si c’était en partie suite à la pression populaire.

Son plus grand défi en 2013 : convaincre les autres grands clubs du bien-fondé du projet de Bénéligue. Ce n’est pas gagné…

7. Dieumerci Mbokani

Cette année, il aura survolé un championnat de Belgique clairement trop petit pour lui. Le mérite d’Anderlecht aura été de le mettre dans les bonnes conditions pour qu’il exprime son énorme potentiel. L’addition est salée pour les adversaires : en tout, Dieu a inscrit 34 buts sur l’année sous le maillot mauve. Cela ne fait aucun doute : c’est lui qui remportera le Soulier d’Or le 23 janvier. Ce sera bien mérité.

Sa meilleure action en 2012 : deux de ses buts ont, plus que les autres, valu leur pesant de cacahuètes. Le premier, c’était celui inscrit à Bruges (0-1) lors des playoffs. Le second, c’était l’ouverture du score lors du retour contre Limassol (2-0), après 75 minutes de doute.

Son plus grand défi en 2013 : être performant dans un grand championnat européen… sans avoir le traitement de faveur dont il bénéficie à Anderlecht.

6. Axel Witsel

Record battu ! En rejoignant le Zenit à la surprise de tous à la fin du mois d’août, Axel Witsel est devenu, à égalité avec Eden Hazard, le joueur belge le plus cher de l’histoire. Quand il avait fixé la clause à 40 millions, Benfica n’avait jamais pensé qu’un club paierait cette somme un an plus tard. Heureusement, cet épisode n’a pas distrait Witsel, qui a été l’un des meilleurs Diables sous Wilmots. Si pas le meilleur…

Sa meilleure action en 2012 : il a été tellement régulier en équipe nationale qu’il est difficile de sortir une de ses prestations. Lors des quatre matches qualificatifs, Witsel a tout simplement été monstrueux. À une place de numéro… six, qui lui convient finalement très bien.

Son plus grand défi en 2013 : quitter le Zenit ! Witsel avait annoncé que son aventure russe ne serait qu’une étape. Ce serait bien, dans son intérêt, que celle-ci ne dure qu’un an. Encore faudra-t-il trouver un club capable de l’acheter au Zenit, qui risque de ne pas lâcher son médian pour moins de 50 millions d’euros…

5. Thibaut Courtois

À 20 ans, il a déjà gagné un titre de champion de Belgique, une Europa League et une Supercoupe d’Europe. Dans les deux titres continentaux glanés par l’Atletico, le longiligne gardien a eu sa grande part de responsabilité. Rester dans le club madrilène était un excellent choix. Une preuve, aussi, que le garçon n’a pas pris le gros cou. Maintenant, il ne lui reste plus qu’à attendre que Petr Cech quitte Chelsea. À long terme, Courtois a tout pour devenir, comme le Tchèque, un meuble à Stamford Bridge.

Sa meilleure action en 2012 : une fois encore, il y a l’embarras du choix ! Mais parmi ses nombreuses parades, on pointera son arrêt de classe internationale sur un coup franc de Maloney, le 16 octobre dernier contre l’Écosse.

Son plus grand défi en 2013 : dégoûter, sur un match, Messi ou Ronaldo, face à qui il n’a jamais été très en réussite, souvent abandonné par sa défense…

4. Georges Leekens

En tournant le dos aux Diables pour signer un contrat très lucratif à Bruges, Georges Leekens s’est subitement mis à dos une bonne partie des supporters qui étaient derrière lui. Quatre mois de travail plus tard, Long Couteau était mis à la porte, ce qui a sérieusement écorné son image. Sa célèbre phrase – “Avec les Diables, j’ai fait 90 % du travail” restera culte.

Sa meilleure action en 2012 : embobiner Barth Verhaeghe au point de se voir offrir un très gros contrat au Club (estimé à 1,2 million d’euros brut par an). Avec, bien sûr, une énorme indemnité en cas de rupture du bail… Son parachute doré atteint au grand minimum les deux millions d’euros. Indécent ? Peut-être. Mais Leekens est en tout cas un très fin négociateur. Son plus grand défi en 2013 : signer dans un club et oser affirmer que “c’est le club de son cœur”.

3. Eden Hazard

On savait qu’il allait quitter Lille. Pour où ? Hazard a tergiversé. Tottenham tenait à un moment le bon bout, avant d’être reversé en C2 à cause de la victoire de Chelsea en Ligue des Champions. Le feu follet a alors mis le cap sur Stamford Bridge… en laissant durer le suspense sur Twitter, gagnant plus de 100.000 followers sur une seule journée ! Heureusement, Hazard a aussi fait le buzz sur le terrain : il a très vite multiplié les assists avec les Blues, ce qui était sans aucun doute le moyen intelligent de se faire accepter dans ce vestiaire compliqué.

Sa meilleure action en 2012 : être élu Homme du Match lors de ses trois premiers matches avec Chelsea. Personne n’avait réussi cet exploit dans l’histoire de la Premier League.

Son plus grand défi en 2013 : atteindre en équipe nationale un rendement à la mesure de son talent. Faire jouer Hazard à son meilleur niveau avec les Diables sera aussi un challenge intéressant pour… Marc Wilmots, qui devra trouver pour lui le bon rôle et les bons mots.

2. Vincent Kompany

Vince The Prince est devenu le roi. En soulevant le trophée du champion attendu par City depuis 55 ans, après un match d’anthologie contre QPR (3-2), le défenseur belge est entré dans l’histoire du club. Quelques jours plus tôt, il avait été élu Joueur de la Saison en Premier League. Après de telles consécrations, la mauvaise campagne de C1 passe au second plan. Surtout qu’avec les Diables, Kompany a gommé les quelques failles qui étaient les siennes dans le passé. À Cardiff (0-2), pour le premier match de la campagne, c’est d’ailleurs lui qui avait montré la voie du Brésil en ouvrant le score de la tête.

Sa meilleure action en 2012 : l’image de ce but, puis de sa célébration, a fait le tour du monde. En inscrivant de la tête le seul but du derby mancunien du 30 avril dernier, Kompany est entré dans la légende de Manchester City.

Son plus grand défi en 2013 : pour franchir un nouveau cap, Kompany doit… passer des tours en Ligue des Champions, dans laquelle il semble maudit. Avec les Skyblues, Vincent n’a remporté que trois de ses douze matches de C1. C’est trop peu, pour un club de cette envergure. Emmener City au sommet de l’Europe serait une performance de choix. Mais cela débutera par passer le premier tour !

1. Marc Wilmots

Il y a un an, il était le fidèle adjoint de Georges Leekens. Aujourd’hui, le voici propulsé dans le rôle du sauveur du foot belge. C’est peut-être un peu exagéré. Mais les résultats parlent en sa faveur et sous ses ordres énergiques, la génération dorée des Diables semble enfin être passée à l’âge adulte. Pour le Hesbignon, tout s’est joué à Wembley, lors du 2e match de son intérim. C’est suite à cette rencontre, perdue mais longtemps dominée par la Belgique, que les dirigeants de l’UB ont décidé d’offrir un contrat à Wilmots. Bien leur en a pris.

Sa meilleure action en 2012 : le plus grand mérite de Wilmots est certainement d’avoir instauré en sélection une véritable discipline tactique, qui faisait cruellement défaut sous l’ère Leekens. Alors que certains doutaient de ses capacités tactiques, le nouveau sélectionneur en a surpris plus d’un. Il ne faut pas avoir coaché dix clubs différents pour avoir une vision et une philosophie de jeu…

Son plus grand défi en 2013 : il est simple et c’est aussi celui de tous les Diables Rouges : se qualifier pour le Mondial 2014. Si possible en terminant premier du groupe. Cela évitera de se faire des frayeurs dans un match de barrage qui est toujours une loterie…