Les déclarations imbéciles de Stijn Stijnen ont, comme on a pu le lire dans de précédentes éditions, provoqué des réactions courroucées au Portugal et rendu l'arrivée des Diables Rouges à Lisbonne particulièrement houleuse.

Les propos menaçants tenus par le gardien belge à l'égard du Portugais Cristiano Ronaldo ont fait monter la tension à un point tel que tout est désormais prétexte à polémique. C'est ainsi que, vendredi, la presse portugaise dénonçait vertement le comportement agressif de deux éléments de la délégation belge, Stéphane Demol et Guido De Windt, qu'elle accuse d'avoir agressé des photographes de presse dans le hall de l'aéroport. "Sauvages !", proclamait en Une le principal quotidien sportif "A Bola". "Les Belges n'ont pas besoin de deux minutes au Portugal, pour commencer à être agressifs", écrivait "Record", l'autre grand quotidien sportif, en première page lui aussi.

La presse accuse les deux Belges de "coups, bousculades et gestes provocateurs" à l'encontre de ces deux photographes, qui ont porté plainte contre Demol et De Windt au commissariat de l'aéroport.

Les propos de Stijnen au sujet de Ronaldo ("il faut le casser après deux minutes pour qu'il sorte du terrain sur une civière") ont été condamnés par l'Union Belge. Mais ils font aussi des vagues au niveau politique et diplomatique. D'après "Record", le gouvernement portugais a condamné les incidents. Le cabinet du Premier ministre José Socrates a qualifié de "lamentable" le comportement de certains éléments de l'équipe belge.

De son côté, le ministère des Affaires étrangères n'a pas exclu la possibilité d'intervenir auprès de son homologue belge. On sait que l'Union européenne de football (UEFA) a ouvert une enquête, à la suite d'une plainte déposée par la Fédération portugaise (FPF) qui réclamait la suspension immédiate du joueur pour infraction au règlement disciplinaire de l'UEFA.

Stijnen sera-t-il aligné samedi ? De nombreuses voix se sont élevées en Belgique dans les milieux sportifs pour qu'il n'en soit pas ainsi, au nom du respect de l'éthique. Certains ont fustigé la bêtise de l'intéressé. D'autres le climat de violence qui entoure le milieu du football et qu'a dénoncé, vendredi, le président de la Fifa, Joseph Blatter. De toutes les manières, et même si, en la matière, les Portugais n'ont pas toujours été des saints (voir le Portugal-Hollande du Mondial allemand), la sortie de Stijnen tient du scandale.

© La Libre Belgique 2007