C'est en leader - déjà - détaché du Championnat que le Sporting d'Anderlecht s'est envolé, ce matin, pour Cracovie où il disputera, ce mardi soir, le match financièrement le plus important de sa saison du redressement. Dernière formation à totaliser le maximum des points, l'équipe bruxelloise présente aussi - en l'absence confirmée de son buteur Jestrovic - la ligne offensive la plus productive de la compétition et elle partage avec un nombre encore important d'adversaires -dont... les deux promus - la défense la plus costaude de l'élite. Le constat peut apparaître anecdotique mais après deux saisons de déboires nationaux relatifs, il vaut son pesant de confiance: c'est la première fois depuis son dernier titre, en 2001 -soit depuis soixante-huit journées- qu'Anderlecht s'est isolé en tête du classement. Autre performance, individuelle celle-là, d'un Anderlechtois: les trois assists du substitut Mornar. Vingt-cinq autres joueurs ont réalisé cette performance depuis la saison 1997-98 mais personne n'a fait mieux depuis six ans. L'an dernier déjà, le Sporting avait engrangé neuf points sur neuf mais son sans-faute n'avait pas excédé la troisième journée et il n'avait pas contribué à détacher la formation anderlechtoise. Dans le mano a mano royal attendu en tête du classement, le Club Bruges a donc cédé le premier. Est-ce inquiétant avant le départ pour Dortmund? Un peu, dans la mesure où leur prestation, bien faible sur le plan défensif, a troublé les champions en titre. Elle les a ébranlés dans leurs certitudes: il n'est pas encourageant d'aborder un retour européen aussi crucial en doutant de son assise. Les Louviérois, eux, ne doutent plus de rien: ils ont, déjà, largement gommé leur image d' équipe défensive. La réputation d'Ariel Jacobs s'en trouve, parallèlement, justement amendée. Un entraîneur ne peut travailler utilement qu'en fonction des éléments dont il dispose. Cette saison, l'effectif louviérois l'autorise à s' aérer largement. Les joueurs du Tivoli abusent de cette latitude et recueillent les fruits de leur audace: jamais, depuis leur retour en 2000-2001, ils n'avaient enchaîné les trois premiers matches sans subir une défaite ni engrangé autant de points. Le Standard y était déjà parvenu, bien sûr. Mais alors que Genk peine, que Lokeren bloque, l'équipe de Sclessin tend à s'affirmer comme le troisième larron du championnat comme... au bon vieux temps. Saluons aussi le premier point -dans l'attente du premier but- de Charleroi et constatons que les équipes ont concédé plus de partages (douze) qu'elles n'ont remporté de victoires à domicile (dix).

© Les Sports 2003