La recrudescence des comportements racistes dans les tribunes ne met-elle pas en lumière les limites du système actuel de surveillance et de répression ? Poser la question, c'est y répondre et les clubs ne sont, en définitive, que des observateurs attentifs d'une situation dont ils sont devenus prisonniers. "Ce genre de phénomène relève du droit pénal et il faudra donc que l'on m'explique sur quelles bases on pourrait sanctionner les clubs", explique Jean-Marie Philips, le président de la Ligue Pro. "On ne peut pas engager de poursuites vis-à-vis de ceux-ci sauf s'ils encouragent des comportements de type raciste et tomberaient dès lors sous le coup de la loi générale sur le racisme et de la loi football en cas de rapport de l'autorité verbalisante. Qui est la police, et non les clubs !"

Autrement dit, le champ d'action des clubs de football se limite strictement au domaine de la prévention, lequel démontre certaines limites aujourd'hui, alors que la campagne "Ne faites pas le singe" a été lancée à grands renforts de publicité. "Elle était remarquablement conçue et j'étais le premier à me féliciter qu'elle ait vu le jour mais il faut se rendre à l'évidence : la surmédiatisation de cette campagne a entraîné un effet pervers et les actes imbéciles se multiplient, relève Jean-Marie Philips. Et, depuis la disparition de la Fan Card, l'identification des supporters irrespectueux est devenue une tâche impossible. Les clubs n'ont pas de physionomistes à leurs portes comme dans les boîtes de nuit et les stewards n'ont pas le pouvoir de demander leur carte d'identité aux supporters. D'autre part, comment déterminer quel(s) individu(s) se trouve(nt) à l'origine de chants racistes à moins d'avoir quasiment un policier à côté de chaque supporter ? Il faut pouvoir prouver la culpabilité de quelqu'un, ne l'oublions pas. Enfin, en cas de sanction, le fauteur de troubles pourrait-il être banni de tous les stades et non d'un seul ? En répondant à ces interrogations, on aura déjà accompli un grand pas en avant..."

Quant aux arbitres, il y a bien longtemps qu'ils ont arrêté d'user de leur pouvoir de mettre fin à une rencontre, lequel, il est vrai, n'a jamais rien résolu.

© La Libre Belgique 2006