Une fois n'est pas coutume, la Coupe de Belgique prendra l'accent... wallon, ce mardi soir, à l'occasion des demi-finales qui mettront aux prises Charleroi à Mouscron et le Standard à Zulte-Waregem, la seule formation néerlandophone présente dans le dernier «carré» d'une épreuve qui a bien du mal à susciter les mêmes passions qu'autrefois.

Même les protagonistes de ces demi-finales ne cherchent plus à dissimuler le caractère accessoire pour eux de cette Coupe de Belgique au regard des enjeux brassés par le championnat. A l'exception, peut-être, de Charleroi, que l'on ressent comme l'équipe la plus motivée, la plus concernée en tout cas, à travers les déclarations de son entraîneur Jacky Mathijssen, lequel a déjà mené Saint-Trond au Heysel il y a trois ans. «Pour moi, Mouscron est l'adversaire le plus inquiétant de ces demi-finales», explique-t-il ainsi. «Le Standard est de plus en plus occupé par le championnat tandis que Zulte-Waregem a d'ores et déjà réussi sa saison pour avoir récolté des succès au-delà de ses espérances. Au contraire, l'Excelsior peut sauver son parcours par le truchement de la Coupe, d'autant qu'il en a les moyens car il s'appuie sur une équipe capable de respecter une organisation impeccable. Que je sache, les Mouscronnois se sont qualifiés en déplacement lors du tour précédent!»

«Nous n'avons aucune obligation»

Dans le camp «hurlu», on se refuse à prendre cette rencontre trop à coeur. Treizième en championnat, Mouscron n'est pas encore assuré de son maintien et il semble logique, dès lors, de songer prioritairement à cet objectif. «Pour nous, la Coupe est une parenthèse, assure Gil Vandenbrouck. Cela ne veut pas dire que nous aborderons ce match en dilettante. Nous sommes à deux pas d'une finale de Coupe de Belgique et cela reste un moment unique dans une carrière. Mais il faut bien garder à l'esprit que notre objectif numéro un reste le maintien en première division.»

Son homologue flandrien Franky Dury, entraîneur de l'«équipe surprise» de cette saison 2005-2006, rappelle aussi que les prétentions de Zulte-Waregem ne sont pas plus élevées aujourd'hui qu'elles ne l'étaient hier. «Lorsqu'on est monté de D 2, l'objectif était de terminer dans le haut de la colonne de droite en proposant du bon football. Puis on a visé la colonne de gauche. Puis le «Top6», rappelle le coach qui estime que son équipe n'est pas capable de jouer sur les deux tableaux, contrairement au Standard. «La défaite en championnat contre le Lierse ne rend pas la Coupe de Belgique plus importante. Nous n'avons aucune obligation. Notre mission sera accomplie si nous démontrons que Zulte-Waregem est une bonne équipe qui joue bien. Si nous montrons que notre défaite face au Lierse n'est qu'un accident au sein d'un très beau parcours. Mais il faut rester les pieds sur terre.»

En cette fin de saison où Zulte-Waregem pourrait afficher quelques signes de lassitude et où le Standard a encore tout à gagner (ou à perdre), le club de la Cité ardente paraît, en effet, le mieux armé pour se hisser en finale. D'autant que la dernière visite du club flandrien à Sclessin (1-2) a laissé un mauvais souvenir aux Liégeois, désireux de l'éradiquer de leur mémoire au plus vite. «Nous avons une petite revanche à prendre », commente sobrement l'attaquant Marius Niculae, peut-être l'un des détonateurs de la rencontre.

© Les Sports 2006