En décembre, Jan Ceulemans passait devant le Comité sportif, sans la présence d'un journaliste. En février, c'est Emilio Ferrera (qui a été puni pour trois semaines ferme) qui comparaissait à son tour, toujours sans que la presse ne s'y intéresse.

Hier après-midi, par contre, cameramen et photographes se bousculaient au premier étage de la maison de verre à l'occasion du passage d'Enzo Scifo devant la troisième chambre du Comité suite à son exclusion de la zone neutre à Westerlo et des événements survenus devant la porte des vestiaires, où l'entraîneur carolo avait avoué avoir bousculé le juge de touche. La rançon de la gloire pour le Belge le plus connu du monde.

Hier, Enzo Scifo, accompagné de Maître Deprez, son avocat, a donc eu l'occasion de se défendre, alors que les arbitres ont confirmé leur rapport accablant l'entraîneur.

SENTENCE MESURÉE

Au bout du compte, alors que l'on imaginait que la sanction allait être très lourde, le procureur fédéral, Rudy Destrée, s'est montré très mesuré dans son réquisitoire, replaçant les choses dans leur contexte et faisant preuve de beaucoup de bons sens: oui, Enzo Scifo devait être sanctionné pour son exclusion et pour son geste envers le juge de touche, non il ne fallait pas exagérer l'événement, il n'a pas frappé l'arbitre et le débat contradictoire qui a eu lieu hier a montré qu'il fallait relativiser toute l'histoire.

Le procureur a proposé une exclusion de la zone neutre du 6 mars au 31 mai, avec un sursis de deux ans à partir du premier avril. Et il a été suivi à la lettre par le Comité.

Concrètement, Enzo Scifo est interdit de banc de touche pour les quatre prochaines rencontres.

Cette décision nous paraît mesurée, puisqu'il était difficile de blanchir l'ancien Diable Rouge alors qu'il avouait avoir - même légèrement - bousculé un officiel (`Je l'ai touché avec le plat de la main dans la nuque dans un geste qui voulait dire:

va à la merde...´ sic), mais vu ses états de service (trois exclusions en 762 matchs joués), une image de parfait gentleman et la loi du milieu (où tous les entraîneurs gesticulent de plus en plus sur leur banc), on ne pouvait pas décemment l'enfoncer.

Cependant, hier soir, Enzo Scifo et son conseil étaient bien décidés à faire appel (il a six jours ouvrables pour ce faire).

`Je suis déçu, car j'étais venu pour éviter toute sanction. J'assume toujours ce que je fais, mais ici, j'estime que je ne mérite pas de suspension, pour le principe. Le quatrième arbitre a joué un drôle de jeu en disant qu'il m'avait mis en garde pendant le match alors que c'est faux. Je crois que je vais aller en appel pour le principe. Suivre les matchs de la tribune, comme Luis Fernandez au Paris-Saint-Germain? C'est possible. On devra peut-être tous en arriver là si on ne peut plus bouger du tout sur le bord du terrain. En tout cas, je le répète, si je suis puni pour ce que j'ai vraiment fait, ce soir-là, à Westerlo, tous les entraîneurs de D 1 doivent être punis avec moi...´

La peine est également assortie d'une amende de 150 €.

© La Libre Belgique 2002