Entretien

Comme prévu, Charleroi - Anderlecht n’a donc pas eu lieu. Et comme nous l’annoncions hier, Charleroi estimait que le processus de la remise du match était honteux. Pourquoi donc avoir pris des décisions en temps adéquat pour les rencontres qui auraient dû avoir lieu à Bruges et à Malines et pas pour celle de Charleroi ? "Ce n’est ni équitable ni correct", lâchait Pierre-Yves Hendrikx . Ce dernier visait bel et bien la Fédération et non pas l’arbitre Jean-Baptiste Bultynck, que nous avons eu au téléphone, hier.

Commençons par l’état du terrain, Monsieur Bultynck.

Il faut rester honnête. La surface était dure et dangereuse et donc impraticable. Les gens de Charleroi ont fait de leur mieux pour déblayer le terrain samedi matin, mais il restait une petite couche de neige. À moins 3,5 degrés, une couche de glace s’est évidemment formée. On se croyait sur une patinoire. Courir normalement était possible, mais pas question de démarrer ou de s’arrêter. On n’avait pas d’appuis.

Même pas avec les petits studs brugeois ?

Non, ils ne perçaient pas le sol. Et avec des "stabils", on ne restait pas debout.

Les plus anciens d’entre nous diront : “De notre temps, on jouait même quand il y avait de la neige.”

Ceux qui ont joué au foot - comme moi - ou qui jouent encore - comme toi - savent qu’il y a une grande différence entre un sol gelé et non gelé. S’il y a de la neige sur un sol non gelé, on sait parfaitement jouer avec des crampons. Mais ici pas. Les footballeurs auraient été des patineurs.

Charleroi n’était pas content.

Leur déception est normale. Mais tout le monde voyait qu’on ne pouvait pas jouer. On n’est pas des magiciens. J’ai encore blagué avec Raymond Mommens : "Faites venir des ventilateurs géants." Mais où en trouve-t-on en Belgique, et qu’est-ce que cela coûte ?

Mais n’auriez-vous pas dû remettre le match vendredi ?

Je voulais déjà trancher vendredi, mais la Fédération m’a dit : "Attendons la nuit, espérons qu’un demi-miracle se produise et retournons voir samedi." C’est ce que j’ai fait.

Avez-vous été mis sous pression pour faire jouer le match, vu le programme chargé ?

Non, je ne l’ai pas ressenti ainsi. J’ai décidé sur base de ce que je voyais. La sécurité des joueurs est primordiale.

Vous en avez fait des kilomètres.

Je venais deux fois d’Aarschot. Je ne sais pas combien de kilomètres cela fait en tout (NdlR : 400 km), mais ce n’est pas la fin du monde.