La sélection anglaise de football, qui reçoit l'équipe de France en match amical mardi à Wembley, a observé lundi à Londres une minute de silence en hommage aux victimes des attentats en France, les plus sanglants de son histoire, avec au moins 129 morts et 352 blessés.

Les 20 joueurs anglais retenus acccompagnés par les membres de l'encadrement se sont recueillis pendant une minute à 12h00 avant de commencer leur séance d'entraînement sur le terrain du club de Tottenham Hotspurs, au nord de Londres.

"Au nom des joueurs, je présente toutes nos condoléances. C'est un épisode incroyablement triste, qui a vu beaucoup de gens perdre la vie. Cela m'a rendu malade de regarder ces images", a déclaré le capitaine de l'Angleterre Wayne Rooney en conférence de presse.

"Le football fait beaucoup pour le monde, il montre de l'unité. Il a le pouvoir de faire ça et je pense que le monde du football doit resté fort et soudé", a-t-il poursuivi.

Pour le match de mardi, les supporters anglais ont été invités à se joindre aux spectateurs français qui auront fait le déplacement pour chanter La Marseillaise au moment où les deux hymnes seront joués avant le coup d'envoi du match.



Deschamps: "On ne peut pas oublier"

"On ne peut pas oublier", a expliqué lundi le sélectionneur de l'équipe de France Didier Deschamps, les traits tirés et particulièrement ému, à propos des attentats de Paris qui seront l'objet d'un hommage de la part du public de Wembley lors du match amical contre l'Angleterre, mardi.

Comment avez-vous travaillé depuis trois jours?

"Même si on était ensemble à Clairefontaine, on n'était pas coupé du monde. On a suivi, chacun d'entre nous, les nouvelles désastreuses qui étaient communiquées. J'ai fait en sorte de discuter. Les joueurs ont aussi discuté entre eux. On ne peut pas oublier, on a eu deux jours pour évacuer cette immense tristesse. Aujourd'hui, on est là et notre énergie doit être focalisée sur la préparation de ce match avec le plus de dignité et de sobriété possible."


Y aura-t-il un avant et un après 13 novembre pour votre jeune équipe?

"On est tous fiers d'être Français et on sera tous marqués par ce qui est arrivé. Dans des moments de douleur aussi forts et de tristesse, chacun a sa propre analyse et sa réflexion. Le fait d'être en équipe nationale n'est pas anodin et singulier. Porter le maillot de son équipe nationale, c'est au-dessus de tout en terme sportif. Cela oblige à des responsabilités de la part de tout le monde."

Deux de vos joueurs, Lassana Diarra, qui a perdu sa cousine, et Antoine Griezmann, dont la soeur a réussi à sortir indemne du Bataclan, ont été directement touchés par les attentats. Comment avez-vous géré cette situation?

"Nous avons deux joueurs qui sont plus touchés mais différemment. Pour Antoine Griezmann, les circonstances sont heureuses. Dans son cas, c'est un soulagement, le bonheur et le plaisir d'avoir pu garder auprès de lui sa soeur, qui était présente durant le spectacle au Bataclan. Lass est lui touché dans sa chair par rapport à une personne qui lui est très proche. Lass a tenu à rester parmi nous et il tient à ces valeurs d'unité, de solidarité. Sa présence parmi nous est rassurante."

Propos recueillis en conférence de presse.