Avec l'envol in extremis d'Ivica Dragutinovic pour la «Liga» et le FC Séville, l'une des places de l'axe central défensif devenait vacante... immédiatement. Tout profit, de prime abord en tout cas, pour le Français Mathieu Beda, transfuge trudonnaire! Une évidence pourtant pas si limpide qu'il n'y paraît. Pour le cinquième match de la compétition, dimanche face à Beveren, le premier par ailleurs à mener à bien sans la présence du Serbo-Monténégrin, Dominique D'Onofrio s'attache à brouiller les cartes. Ainsi fuse sa réponse quand on le sollicite pour une brève comparaison Dragutinovic-Beda.

«Vous allez peut-être un peu vite en besogne!, lance l'entraîneur du Standard. Ils sont totalement différents. Notre ancien capitaine était gaucher et bénéficiait d'une expérience à ce poste clé. Quant au second, droitier, il a surtout évolué sur le flanc droit durant son séjour limbourgeois.»

Léonard prêt à dépanner

De là à voir Léonard s'installer aux côtés d'Onyewu, il n'y a qu'un pas qu'on est presque tenté de franchir. Cette association avait d'ailleurs connu le succès lors de la journée inaugurale face au Lierse. Pour ce duel précis, Dragutinovic et Beda étaient suspendus. Las! le premier hic émane de la volonté de l'ancien Monégasque de conserver son siège sur le flanc gauche.

«Je me suis déjà exprimé sur le sujet lors de mon intérim en début de campagne et l'on ne m'a visiblement pas entendu», clame l'international éloigné du banc face à Saint-Marin. «Je ne vais certainement plus faire ma tête de pioche. On me dit d'aller à un endroit, j'y vais. Si l'on me positionne dans l'axe, je me plierai à la décision du coach pour le bien de l'équipe. A Monaco, j'ai déjà presté en dépannage comme stoppeur gauche. Tout comme à Nice, d'ailleurs.»

Qu'adviendrait-il de Mathieu Beda? Le banc demeurerait son domaine, à moins que l'essai surprenant comme arrière gauche à l'entraînement ne soit reconduit! Ce qui suscitait chez l'un de ses partenaires la réflexion suivante: «Il y a un joueur qui s'en va et l'on en change deux autres de place!»

Ainsi, même trônant en tête de la compétition, les «désaccords» persistent et alimentent les couloirs liégeois. Mais, en fin de compte, le coach aura toujours le dernier mot et son choix final sera respecté s'il s'est révélé judicieux au terme de nonante minutes. La situation, elle, pousse Mathieu Beda et sa sagesse à ne pas sortir de sa réserve. Car la saison est encore bien longue après tout. Pourtant, l'union se devra d'être totale si les «Rouches» désirent battre le 13 sur 15 de leurs aînés de 1995/96.

C'était l'époque des Bodart, Genaux, Goossens, Foguenne, Ernst, Rednic, Bettagno ou autre... Léonard. Les Liégeois, en ayant l'opportunité d'évoluer devant leurs supporters, ont toutes les cartes en main afin de parvenir à améliorer cette performance d'il y a une décennie déjà.

Des records à battre

Dix ans, c'était hier. Simplement. Car avant-hier, les «Standardmen» avaient connu un autre départ en trombe. Meilleur encore: sept victoires d'affilée. Avec un «average» impressionnant de 46 buts inscrits contre 13 encaissés, les Liégeois dominaient un championnat à forte coloration provinciale: l'Union Hutoise, le RFC Liégeois, le SRU Verviers, Bressoux, St-Nicolas, Waremme et Milmort se souviennent de ces revers, voire d'une exécution dans le cas du dernier club cité (17-1!). La chute provenait en fin de compte de Tilleur (4-2) où les leaders ont loupé la huitième marche. Tous les records sont d'ailleurs établis pour un jour être battus.

© Les Sports 2005