On le sait, sur un terrain de football, les insultes volent au ras du gazon. D'une tribune à l'autre, des gradins vers la pelouse, entre les joueurs ou entre les joueurs et l'arbitre: il y a bien longtemps que le «sport roi» s'est distancié des valeurs de fair-play qui ont pu l'animer autrefois et qu'il sert de «défouloir» public à tous les types de frustrations. Malade de ses excès (violence, corruption, racisme...), le football ne peut restaurer son image et retrouver une partie de sa crédibilité qu'à travers la personnalité de ceux qui le pratiquent. Malheureusement, les joueurs ont trop souvent tendance à oublier qu'ils ont valeur d'exemple, à l'instar d'un Sergio Conceição confondant de bêtise, mardi soir, sur la pelouse de Sclessin. Doigt d'honneur à l'adresse de spectateurs, crachat au visage d'un adversaire, coup mal déguisé à l'encontre de l'arbitre: en 36 minutes de jeu, le meneur de jeu portugais du Standard a démontré l'étendue de sa panoplie d'irascible provocateur, qu'il avait déjà crû bon de laisser entrevoir précédemment et pas seulement sur le terrain. Pas plus qu'ils n'ont été capables de trouver les mots pour commenter l'attitude de leur capitaine au terme de la rencontre (Franky Dury, pourtant vainqueur avec Zulte-Waregem, s'est, lui, empressé de fustiger le comportement de ses joueurs), les dirigeants du club liégeois n'ont donc pu ramener à la raison ce qu'il faut considérer comme un récidiviste, les actions de Conceição en dehors du cadre du football, pour louables qu'elles soient, ne pouvant plus lui servir de bouclier. Ses antécédents auraient déjà dû inciter les votants à ne pas lui attribuer un «Soulier d'Or» dont il n'est pas digne. On ne peut qu'espérer que la sanction, au moins, soit exemplaire...

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