Bruxellois et Liégeois abordent avec sérénité les trois dernières journées des play-offs. Les deux clubs jouent la carte de la "positive attitude" en évitant soigneusement de se mettre une pression inutile.


Pourquoi Bruno n’est plus titulaire

Si, sur les coups de 16h30 le 18 mai, les Anderlechtois fêtent un 33e titre de champion, le but provoqué par Massimo Bruno au Jan Breydelstadion dimanche aura pesé très lourd dans la balance. Et cela, en ne disputant, pour le moment, que 135 des 630 minutes de playoffs, soit à peine 21 % de temps de jeu (contre 77 % pendant la phase classique).

Massimo Bruno a été la victime la plus inattendue de la montée en grade de Besnik Hasi. Si les séjours sur le banc de Guillaume Gillet et de Sacha Kljestan étaient plus prévisibles au vu du rapport rendement/expérience, celui du jeune Hennuyer était une surprise. Quand John van den Brom a cédé sa place à son adjoint, Bruno était deuxième meilleur buteur du club (7 buts) derrière Aleksandar Mitrovic (11 à l’époque). On peut expliquer ce paradoxe de deux manières.

La tactique tout d’abord . En reprenant l’équipe, Besnik Hasi a osé ce que beaucoup d’observateurs réclamaient sous John van den Brom : le 4-4-2. Mais cela à certaines conditions. Le nouveau T1 du Sporting exige, par exemple, un énorme travail de ses ailiers. S’ils étaient des attaquants sous VdB , ils sont devenus des médians qui travaillent avant tout pour l’équilibre de l’équipe sous Hasi.

Najar lui a pris sa place

C’est pourquoi Najar est préféré à Bruno. Le technicien albanais est convaincu que le Hondurien possède plus de qualités défensives que le Belge. En second poste, Najar est d’ailleurs vu comme un médian axial quand Bruno devient un attaquant. Ce dernier s’est donc mis un objectif personnel en tête ces dernières semaines : convaincre Hasi à l’entraînement qu’il pouvait aussi défendre, à la manière de ce qu’un Dennis Praet fait de l’autre côté.

L’autre gros problème de Massimo Bruno, c’est sa gentillesse. Durant l’ère van den Brom, il a accepté toutes les idées du coach néerlandais. Quand il a dû dépanner sur le flanc gauche et que son jeu devenait trop prévisible, il n’a pas bronché et a continué là où d’autres joueurs auraient exigé de retrouver leur position idéale. C’est pendant son dernier séjour sur le côté gauche qu’Andy Najar s’est imposé à droite…

En tant que jeune et pur produit du club bruxellois, Bruno possède également moins de crédit que d’autres joueurs, transférés pour plusieurs millions d’euros.


Standard: Vukomanovic évacue la pression

Dimanche dernier, c’est tranquillement installés devant leur télévision que les Standardmen ont assisté à la défaite du Club Bruges face à Anderlecht. Un résultat qui, si on en croit Ivan Vukomanovic, fait les affaires des Liégeois.

"Il est certain qu’on préfère être en tête pour le sprint final. Désormais, tout dépend de nous" , confie le T2 des Rouches .

Dimanche, les Standardmen auront donc une belle occasion de faire un grand pas vers le titre. À Sclessin, on n’estime pas que le choc de ce dimanche soit décisif.

"Dimanche, on oubliera le classement et tout ce qui a pu se passer avant ce match. Certains disent qu’il s’agira d’une finale. Or, ce match n’est pas décisif. Il en restera encore deux derrière. Rien ne sera joué. Je reconnais tout de même qu’on y verra un peu plus clair après cette rencontre."

Se concentrer sur le Club Bruges alors qu’Anderlecht est également à un point serait une grande erreur.

"Trois équipes en un point. J’imagine que ceux qui ont créé la nouvelle formule du championnat sont heureux. Ils ont ce qu’ils voulaient. Il faudra être costaud jusqu’à la dernière journée." Cette saison, le Standard a souvent raté l’occasion de s’échapper. Guy Luzon, lui-même, reconnaissait que les Liégeois étaient plus forts au pied du mur.

Or, cette fois, le Standard a tout en main pour décrocher un onzième titre.

"Croyez bien que les joueurs attendent ce match avec impatience. On reconnaît les grands dans les matches importants" , poursuit Ivan Vukomanovic.

Dimanche, le staff devra malheureusement se passer des services de son maître à jouer : William Vainqueur. "Ne me demandez pas aujourd’hui qui va le remplacer" , lance Vukomanovic. "Il y a plusieurs solutions avec Cisse, Buyens, de Sart et même Mpoku. On fera le bon choix."

Cette semaine, le staff liégeois n’entend pas modifier ses habitudes. "On va rester concentré et surtout ne pas nous emballer. Il faut rester humble. Tout peut encore arriver." Avec Waasland-Beveren (deux nuls), le Club Bruges (deux nuls et une victoire) fait partie du cercle fermé des équipes invaincues face au Standard. "Il y a toujours une première fois" , conclut Vukomanovic.