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Football

Lange, artisan d'un bel événement?

Michel Dubois

Publié le - Mis à jour le

Rune Lange n'anime pas aussi souvent qu'il l'espérait la pointe de la ligne offensive du Club Bruges. Mais quand sa photo égaie la manchette des quotidiens sportifs, son visage, le plus souvent, irradie.

Est-ce parce que le buteur norvégien, longtemps en délicatesse avec son corps, s'est, quelquefois, érigé en artisan d'un heureux dénouement? Il a inscrit, dans les dernières minutes du match de Championnat contre Saint-Trond, le but d'une indispensable victoire. A Vigo, à l'ultime minute du cinquième match de Ligue des champions, il avait exploité un service de Roelandts pour arracher le point d'un match nul qui préservait les chances du Club de poursuivre l'aventure européenne.

Depuis la reprise, Rune Lange joue plus fréquemment en dépit de la concurrence nouvelle qu'est venu lui imposer le Brésilien Victor. Mais il ne résiste pas encore à une prestation moindre. «J'avais entamé, comme titulaire, notre match de rattrapage à La Louvière. L'entraîneur m'avait retiré, au repos, en affirmant que j'étais fatigué. Il avait raison. Je paie les séquelles d'une préparation d'avant-saison manquée. Je manque de régularité à un bon niveau pour vaincre les réticences sur mon aptitude à servir au mieux la cause du Club. Je ne suis pas inquiet car j'en connais la cause: ma forme reste un peu fluctuante parce que les blessures ont engendré trop de ruptures de rythme dans mes séances d'entraînement.»

En automne 2002, Rune Lange a été opéré d'une hernie. Il a patienté plus d'un an avant de se sentir rétabli: «Ma condition est bonne, presque parfaite. Mais je sais que mon dos se rappellera toujours à mon attention. Je m'efforce de ne plus y penser même si je ne me projette plus que d'un match à l'autre, sans tirer de traite sur un avenir plus lointain.»

La fierté de Lange

Très accommodant, Rune Lange assure qu'il n'a pas pris ombrage de l'arrivée puis de l'intronisation rapide de Victor. Il certifie qu'il ne l'a pas assimilée à un camouflet.

«Plus le club est ambitieux, plus la concurrence doit être attisée. Je pressentais qu'elle le serait dans le secteur offensif, tant décrié dans les derniers mois de 2003», affirme-t-il, placide. Je ne craignais pas l'arrivée, annoncée, de Mbo Mpenza. Je ne considère pas davantage que la venue, effective, de Victor me renverra dans la tribune.»

Rune Lange rappelle, à toutes fins utiles, sa zone d'influence: «C'est le rectangle adverse. Je suis un joueur physique qui s'exprime au mieux quand il est servi par des centres hauts. Victor n'est pas mon calque. Il est plus vif et plus technique que moi. Il est donc évident que le Club ne peut opérer de la même manière selon la titularisation de l'un ou l'autre d'entre nous.»

Contre un Debrecen qu'il ne connaît pas mais dont il se méfie, Rune Lange espérait relayer Verheyen, suspendu. Si Trond Sollied ne le titularise pas, il s'efforcera de concrétiser, une fois encore, sa montée au jeu. Telle sa fierté, aujourd'hui...

© Les Sports 2004

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