Chelsea – Bayern Munich. Bien malin celui qui aura parié sur cette finale en début de saison. Qui en effet aurait imaginé un autre match qu'un enième duel entre le FC Barcelone et le Real Madrid pour clôturer la saison de football européen. Et pourtant ! Le 19 mai, ce sont bien les Bavarois qui tenteront de gagner la coupe aux grandes oreilles devant leur public de l'Allianz Arena. Pour avoir ce privilège, les Allemands ont dû faire preuve d'un courage et d'un calme hors norme face aux Madrilènes.

Des Merengues qui se voyaient peut-être un peu trop vite gagnants après leur brillante victoire face au Barça en Liga. Déjà quasiment champions d'Espagne, Ronaldo et cie devaient pourtant rattraper un retard d'un but après leur défaite 2-1 au match aller. Pas une sinécure face à une équipe qui peut compter sur des tauliers du style Ribéry, Robben et Schweinsteiger.

Le stade Santiago Barnabeu, plein comme un oeuf, vibre dès les premières minutes de match. Après 3 minutes de jeu, Khedira manque d'ouvrir la marque. A la 6e minute seulement, Angel Di Maria arme une frappe qui s'écrase... sur le bras du défenseur David Alaba. L'arbitre hongrois Victor Kassai n'a aucune hésitation. Il montre le point de pénalty dans la seconde. Fier comme un paon, Cristiano Ronaldo s'avance et crucifie Manuel Neuer. A ce moment précis, Madrid est virtuellement en finale. Mais le Bayern est bien décidé à vendre chèrement sa peau. Dans la foulée de ce pénalty victorieux, Arjen Robben sort de sa boîte. Sur un centre d'Alaba, le Néerlandais rate l'immanquable devant Iker Casillas. Une occasion 4 étoiles que peut ruminer l'ailier batave. D'autant plus qu'au quart d'heure de jeu, CR7 remet ça. Totalement esseulé par un axe défensif aux abonnés absents, le Portugais inscrit son 10e but de la compétition. C'est 2-0 pour le Real, qui semble se diriger tranquillement vers la finale.

A la fin, ce sont les Allemands qui gagnent

Oui, mais voila, comme le disait si bien Gary Lineker, le football est un sport où 22 hommes poursuivent un ballon pendant 90 minutes et à la fin, ce sont les Allemands qui gagnent. Les hommes de Jupp Heynckes (vainqueur de la Champion's League en 1998 avec le ... Real Madrid !) enclenchent la machine de guerre pour percer le mur défensif bâti par Mourinho. Peu avant la demi-heure de jeu, M. Kassai ressort le sifflet et accorde à nouveau un pénalty. Cette fois, c'est pour les Bavarois après la faute de Pepe sur Mario Gomez. Robben ne se laisse pas prier et relance son équipe dans la course à la finale. A ce stade de la rencontre, tout reste à faire, c'est l'égalité parfaite. Cette première mi-temps complètement folle peut partir dans tous les sens. Mais ni Karim Benzema, ni Robben ne parviennent à tromper le gardien adverse avant le retour aux vestiaires.

La seconde période n'est pas du même acabit. Les deux équipes semblent préférer se neutraliser plutôt que de jouer le football offensif aperçu lors des 45 premières minutes. Excepté un tir puissant de Benzema, le Real est incapable de créer le danger devant la cage de Neuer. Seul grosse alerte dans la 2e période: une occasion en or massif galvaudée par le pourtant très prolifique Mario Gomez (12 buts en C1 cette saison).

Après des prolongations tout aussi soporifiques, c'est l'heure des tirs aux buts. Bref, celui qui aura les nerfs les plus solides ira en finale. Le Real met directement le paquet en envoyant Ronaldo comme premier tireur. Et stupeur dans le stade, le Lusitanien se loupe complètement. Un autre Ballon d'or va totalement se rater lors de cette séance: Kakà. Lui aussi est incapable de la mettre au fond. Neuer VS Madrid: 2-0. Mais de l'autre côté, la nervosité monte d'un cran également. Lahm et Kroos manquent aussi leur pénalty. Heureusement pour le Bayern, Sergio Ramos explose et envoie la balle on ne sait trop où à Madrid. C'est à Bastian Schweinsteiger, le maître à jouer du Bayern, de tuer le match. Tout un symbole. Le regard en acier trempé, la balle de match au bout du pied, Schweini s'avance et propulse ses équipiers au paradis. Ou plutôt à l'Allianz Arena, où ils devront encore venir à bout de l'étonnant Chelsea pour réaliser leur rêve de conquête européenne. Un clasico ? Quel clasico ?