La Commission européenne et la Fédération internationale de football (FIFA) ont présenté lundi à Bruxelles un accord cadre traçant les grandes lignes qui guideront la réforme du système des transferts internationaux de footballeurs.

Cet accord accouché au forceps après six heures d'une ultime négociation entre Joseph Blatter, président de la FIFA, son homologue de l'Union européenne (UEFA), Lennart Johansson, et les commissaires en charge du dossier prend la forme d'une liste de onze grands principes mais ne dit rien, ou très peu, sur la mise en application de ces principes.

«Nous avons établi onze constats qui vont guider la FIFA dans la refonte de ses règlements. Nous invitons en conséquence la FIFA à modifier immédiatement ses règlements sur la base de ces onze points», a expliqué Mario Monti, commissaire européen à la Concurrence.

Joseph Blatter s'est déclaré ravi à propos d'un accord «qui respecte le football non pas seulement sous l'angle économique, mais surtout dans ses fonctions sociales et d'éducation. Le texte rédigé ce lundi respecte les footballeurs mais aussi les supporters».

Sur l'un des sujets dits sensibles, à savoir l'indemnité de formation suite au transfert d'un joueur de moins de 23 ans, rien n'a été véritablement tranché. L'accord intervenu lundi est largement ouvert et donnera lieu à une mise en application qui pose encore question, puisque le texte parle seulement et sans autre précision «de la mise en place d'un système de compensation» en faveur des clubs formateurs.

Un dialogue social entre clubs et joueurs devra, dans les prochaines semaines, aboutir à des solutions «précises et proportionnées» dans les limites des principes acceptés par la Commission européenne, explique Bruxelles. Quant aux sanctions sportives en cas de rupture unilatérale d'un contrat par un joueur, elles prendront la forme d'une suspension qui ne devra pas dépasser six mois, selon l'accord.

La FIFA et la Commission proposent aussi la création d'une seule et large période de transferts par an, en été. Une période plus courte sera certes instaurée en hiver mais uniquement «pour les transferts de joueurs en situation exceptionnelle», selon un porte-parole de la Commission.

La FIFA va maintenant s'atteler à revoir ses règlements en matière de transferts internationaux. Mais la messe n'est pas dite pour autant. Ainsi, les représentants des joueurs (Fifpro), ont menacé les clubs d'une grève des terrains, se disant outrés par un résultat qui fait fi de leurs ambitions.

«Nous estimons que c'est un jour très noir pour les sportifs européens et les joueurs de football», a déclaré l'un de leurs porte-parole, Laurent Denis, en accusant la Commission d'avoir cédé aux «pressions politiques» des Etats membres. Le président de la Fifa s'est engagé à faire adopter par son organisation, lors de son prochain comité exécutif de Buenos Aires, le 5 juin 2001, de nouvelles règles de transfert respectant les principes décidés lundi, ce qui implique leur entrée en vigueur dès la prochain saison de football.

Un échec des négociations aurait constitué une catastrophe pour les grands clubs, puisque le système actuel des transferts internationaux en cours de contrat aurait été aboli. Cet accord aura néanmoins d'énormes conséquences pour ces grands clubs, qui verront la valeur marchande de leur effectif réduit à la baisse. (AFP/REUTERS)

© La Libre Belgique 2001