On a longtemps cru au même scénario que la saison passée, quand Anderlecht avait été battu au Kuipje sans rien montrer ou presque (2-0 en février dernier).

Puis, dans le dernier quart d’heure, le Sporting s’est révolté et a renversé la vapeur in extremis pour revenir du déplacement à Westerlo avec les trois points (ou le point et demi, car on voit mal comment les playoffs 1 pourraient échapper aux Mauves).

Un succès, le dixième de suite toutes compétitions confondues, qui a mis en valeur une autre qualité du groupe d’Ariël Jacobs : la rage de vaincre. Si ces dernières semaines les Mauves avaient surtout dominé les débats grâce à leur talent et à leur solidité défensive, ils ont cette fois montré leur volonté de gagner à tout prix.

Il en fallait hier après-midi en Campine pour répondre au but de De Petter à la demi-heure. Le médian avait tranquillement pu reprendre un centre au deuxième poteau, profitant de l’absence de marquage et de l’écran d’Owusu devant Proto.

Le gardien louviérois ne s’était d’ailleurs plus retourné depuis le 25 septembre et le but de Losada (Beerschot) au parc Astrid. Quant aux matchs en déplacement, les Mauves n’avaient plus encaissé depuis le 28 août ! C’était au Jan Breydelstadion de Bruges quand Odjidja avait ouvert la marque.

Reste que dans l’heure du jeu qui suivit, Westerlo, déjà défensif à la base, se repliait encore plus. Ariël Jacobs était contraint de lancer tour à tour Suarez, Vargas puis De Sutter pour former un arsenal offensif de cinq attaquants (avec Mbokani et Jovanovic).

L’artillerie lourde sortie, la solution vint pourtant d’un défenseur, à la 81e : Juhasz envoyait un violent coup de tête qui obligeait au final Wils à tromper son propre gardien.

Anderlecht, poussé par ses supporters massés derrière le but de Deelkens, continuait son pressing.

Le soulagement arrivait à deux minutes du terme : Biglia déposait le cuir sur le crâne de Gillet. Imparable pour le portier campinois et énorme explosion de joie côté mauve.

Ce but ne serait pourtant peut-être jamais arrivé si Jovanovic était parvenu à convaincre Biglia de lui laisser le coup franc après une longue discussion

Le Serbe, qui semblait râler après cette négociation perdue, était cependant le premier à lever les bras et laisser éclater son bonheur.

La preuve d’un état d’esprit très positif dans les rangs anderlechtois. L’an passé, les Mauves auraient à coup sûr perdu une telle rencontre. Tous les joueurs déjà là la saison dernière le reconnaissaient au coup de sifflet.

Comme pour symboliser cette rage de vaincre, les leaders du vestiaire réunissaient toute l’équipe dans le rond central juste après une dernière parade de Proto sur une tête de l’increvable Delen immédiatement suivie du coup de sifflet final de l’arbitre néerlandais, monsieur Pol Vanboekel.

En cercle, les Mauves criaient leur joie. Si d’aucuns jugeront que cet élan aurait pu trouver lieu dans le vestiaire, les joueurs préférèrent que tout le monde assiste à la scène. A commencer par les adversaires d’Anderlecht dans la course aux lauriers