Envoyé spécial à Bordeaux

Nom : Cavenaghi. Prénom : Fernando. Valeur estimée : plus de dix millions d'euros ! L'attaquant argentin est en pleine ascension à Bordeaux. Demandez aux défenseurs messins ce qu'ils en pensent : samedi soir, celui que l'on surnomme "El Torito" (le petit taureau) a signé le doublé, avec notamment un but somptueux consécutif à un double une-deux avec Wendel.

Anderlecht est prévenu : Fernando Cavenaghi est l'homme en forme dans l'équipe des Girondins. Nous l'avons rencontré au Haillan, à dix kilomètres de Bordeaux, où se situe le somptueux centre d'entraînement de l'équipe de Laurent Blanc. Sollicité de toutes parts ces dernières semaines, l'Argentin s'est pourtant montré très abordable, souriant et disponible : certaines pseudo-vedettes de notre championnat feraient bien d'en prendre de la graine ! Le buteur bordelais est revenu pour nous sur un parcours atypique, fait de hauts et de bas. "Sa" coupe de l'Uefa

Talent prometteur, Cavenaghi se fait remarquer des recruteurs européens à River Plate, de 2001 à 2004, en empilant 54 buts, ce qui lui vaut même une sélection en équipe nationale A. Étonnamment, il choisit de rejoindre le Spartak Moscou. L'expérience est très mitigée : il ne marque que 12 buts en trois ans. "Quand je suis arrivé en Russie, à l'âge de 20 ans, le choc a été grand. Il y a bien sûr le froid mais surtout le fait de tout le temps devoir jouer sur un terrain synthétique : pas vraiment des conditions idéales pour s'exprimer." Cavenaghi espère se relancer et signe en janvier 2007 à Bordeaux, qui l'achète pour la bagatelle de neuf millions d'euros. Mais ses six premiers mois à Chaban-Delmas sont un nouvel échec, entre le banc et l'infirmerie. L'arrivée de Laurent Blanc change la donne : adepte de la rotation, le coach bordelais fait jouer l'Argentin en Coupe Uefa. "C'est vraiment une compétition spéciale pour moi. La C2, c'est un peu ma Coupe ! J'y ai marqué presque à chaque match que j'ai joué."

Déjà 7 buts en 2008

Ses prestations européennes ont permis à " San Fernando" de gagner du crédit par rapport à ses concurrents, Chamakh et Bellion. "Quand Chamakh est parti à la Coupe d'Afrique, le coach m'a dit que je recevrais ma chance. J'ai tout fait pour la saisir." Avec succès : il a marqué 7 buts depuis le début de 2008 ! Son doublé de samedi fait de lui, à égalité avec Bellion, le meilleur buteur des Girondins, avec 11 réalisations toutes compétitions confondues cette saison. Cavenaghi n'a pourtant joué que 19 matches !

"Je n'avais pas de problème particulier avec Ricardo, notre dernier entraîneur. La différence, avec Blanc, c'est qu'il est parvenu à me redonner confiance. Aujourd'hui, j'ai enfin retrouvé toutes mes sensations. Chaque but inscrit est un vrai bonheur. Mais je n'en ai jamais assez..." Les défenseurs anderlechtois auront à coup sûr du pain sur la planche mercredi soir. "Me réserveront-ils un traitement de faveur ? De toute façon, ça m'est égal : je vais continuer à marquer !"