BRUXELLES Orpheline de la très courtisée Ligue des Champions, privée des prestations des Diables Rouges, exclue de la Coupe de Belgique: la chaîne publique, en matière de retransmission des matches de football, est désormais condamnée à s'appuyer sur les résumés des rencontres du championnat et de la présence de clubs belges au sein de la Coupe de l'Uefa. C'est bien, mais c'est évidemment trop peu pour combler la passion de journalistes pour qui l'odeur du terrain est forcément plus forte que celle des studios.

Crasson et Ferrera consultants

«Les troupes ont faim, c'est un signe qui ne trompe pas, confie Michel Lecomte, responsable de la rédaction sportive de la RTBF. Tous nos spécialistes sont effectivement en appétit car cet Euro, et c'est humain, leur permettra de gommer d'un seul coup une épaisse couche de frustration.»

Alors, du côté du boulevard Reyers, on en oublierait presque que la Belgique est absente du grand rendez-vous européen. Or chacun sait qu'un événement de ce calibre, sans la présence des Diables Rouges, c'est forcément un plat qui manque de sel.

«La non-qualification des Belges nous a simplement amenés à ne pas déléguer au Portugal une équipe de reportage qui aurait assuré des sujets périphériques, poursuit Michel Lecomte. On va donc se limiter aux directs et aux deux émissions en studio qui précèdent et prolongent les rencontres diffusées.»

Pour animer ces délicieuses mises en bouche, Vincent Langendries ouvrira le bal à 17h40 aux côtés de Bertrand Crasson et d'Emilio Ferrera, lesquels seront encore présents pour l'émission de la soirée, animée par Jonathan Bradfer et qui débutera à 20h25.

«Nous attendons de Bertrand Crasson qu'il se libère dans ses analyses. L'ex-Anderlechtois manie, en effet, l'humour avec facilité et n'hésite pas à tremper sa langue dans le fiel. Je suis convaincu que le grand public va apprécier son jugement un peu décalé. Quant à Emilio Ferrera, plus personne ne doute de sa profonde connaissance du football. Il est évident que ses analyses des phases d'un match constituent un plus», témoigne toujours Michel Lecomte.

De la consultance, mais depuis le Portugal, Benoît Thans va aussi en assurer, et ce, aux côtés de celui qui est devenu son fidèle compagnon de micro: Marc Delire.

«Rodrigo Beenkens et Hervé Gilbert, les deux autres envoyés spéciaux de la RTBF, ont misé sur un commentaire en solo, confie à son tour Marc Delire. Moi, j'ai préféré que Benoît Thans m'épaule car nous sommes désormais parvenus à un tel degré de complicité qu'on peut étaler nos... désaccords sur le jugement d'une phase. Et j'ai l'impression que le téléspectateur apprécie que les commentaires qui lui parviennent n'ail- lent pas tous dans le même sens. Thans a sa vision, j'ai la mienne et le public, sans doute la sienne. En fait, c'est cela le football tel qu'on le vit dans les gradins...»

Et proche de son public, c'est- à-dire des passionnés du ballon rond, l'équipe sportive de la RTBF a toujours tenu à l'être. Avec ou sans... moyens!

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